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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 15:40

Ce cher livre de l'Apocalypse... Si étrange, si déroutant, si peu crédible souvent, mais riche de quelques merveilles !

« Une foule immense, que personne ne peut compter, de toute nation, de tout peuple et de toute langue.... Il - l'agneau : Jésus - les conduira aux sources d'eau vive et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux... »

Quelle belle promesse !

Une foule venue de partout, toutes langues et tous peuples, conduite aux sources d'eau vive pour que toute larme leur soit essuyée...

Et quel impérieux ordre de mission, pour chacun de nous : répercuter cette promesse et augmenter chaque jour le nombre des participants à cette immense foule !

Un jour, j'assistais à un culte d'une ville moyenne, ce qu'on appelle une ville de province. La paroisse avait fermé son vieux temple, hors normes, et aménagé une vaste salle en superbe lieu de prière et de culte, beau, accueillant, confortable, incitant à la prière. Mais ils n'avaient mis aucune indication de la nouvelle adresse sur la vieille grille du temple, ni aucune inscription ou panneau au dessus de la porte du lieu, pour indiquer qu'il s'agit d'une église protestante ou autre, aucune lumière pour indiquer la tenue d'un culte, pas d'accueil... Par économie, par oubli ? Non, non : par refus. Refus de s'ouvrir à des nouveaux qui ne seraient pas déjà de la famille. Refus aussi d'aménager un horaire pour l'accueil de jeunes et de parents. Un clair souhait de « rester entre soi », sans toucher aux habitudes. Par ailleurs, des personnes très sympathiques, tout à fait protestantes, mais qui semblent oublier le commandement :

« Allez, évangélisez toutes les nations et baptisez-les... »

Il y a déjà quelques années, je discutais avec un jeune collègue : pourquoi avions-nous choisi d'être pasteurs, quelle était notre motivation profonde ? Nous n'avions pas la même :

  • Lui disait « pour augmenter le nombre de chrétiens, le nombre de membres de l'Eglise jusqu'à ce que tous les humains découvrent la foi chrétienne, et de préférence protestante ».
  • Moi, je pensais : « pour que le monde aille mieux et qu'il souffre moins ; et, réflexion faite, l'Evangile m'en semble le meilleur moyen, la foi au Christ le meilleur des chemins ».

Ce n'est pas le même regard.

Mais bien sûr cela revient au même. Car la promesse est bien celle de l'Apocalypse : que le Christ conduise toute l'humanité de toutes nations et toutes langues jusqu'aux sources d'eau vive, et que Dieu essuie les larmes de leurs yeux. Nos deux conceptions se rejoignent et se fondent dans cette même promesse de l'Apocalypse.

Et votre espoir le plus profond aussi, certainement.

Alors que sommes-nous, comme communauté ?

Un peu comme celle de cette ville de province que j'évoquais ? Sympathique, sincère, mais refermée sur elle-même, vieillissante et ne souhaitant pas s'ouvrir à d'autres qui pourraient être différents, et même obliger à changer des choses ?

Ou une communauté prête à témoigner vraiment de l'Evangile, dans ses actes et dans son culte, portes grandes ouvertes, pour accueillir toutes celles et ceux pour lesquels l'Evangile serait une délivrance et le début d'une vie nouvelle ? Quitte à ce que ces nouveaux venus changent quelques-unes de nos habitudes, ou renouvellent notre composition sociale ou générationnelle ?

Comme ces paroisses en pleine croissance qui nous font un peu peur, avec leur côté évangélique... Evangélique, entre nous, quel beau mot !

« Allez ! Evangélisez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai dit… » Ce sont les tout derniers mots de l'Evangile de Matthieu. Mais ce n'est pas une jolie phrase pour lui donner une belle chute. C'est un commandement. Un commandement qui nous est adressé. A nous, paroisse de Pentemont-Luxembourg. A nous, chacun et chacune de vous, de nous.

Alors... un peu de confiance ! N'ayons pas peur :

Oui, obéir au commandement du Christ, de Jésus Christ, de Dieu, peut nous conduire à accepter joyeusement quelques changements dans notre vie d'Eglise et dans notre culte, dans la composition de notre communauté et de notre réseau d'amitiés.

Oui, obéir au commandement du Christ, de Jésus Christ, de l'Evangile, peut nous conduire à accueillir joyeusement des personnes que nous n'aurons pas choisies et à les reconnaître comme des frères, des sœurs.

Oui, obéir au commandement du Christ, de Jésus Christ, de notre propre foi, peut nous conduire à faire joyeusement des efforts, à oser, à avoir le courage de témoigner en actes, mais aussi en paroles.

Oui, obéir au commandement du Christ, de Jésus Christ, de l'Esprit Saint, peut nous conduire à lui faire joyeusement confiance pour trouver les mots, pour trouver les gestes ; confiance pour ne pas nous sentir ridicules, inopportuns ou lourds, confiance pour accepter peut-être le changement des habitudes et accepter la rencontre un peu redoutée entre l'autre et notre foi – ma propre foi.

Oui, obéir au commandement du Christ, de Jésus Christ, de Dieu, pour recevoir et vivre nous-mêmes la promesse de l'Apocalypse et de tout l'Evangile, la promesse que Dieu nous fait à nous, à chacun de nous et notre communauté : sécher toute larme de nos yeux, connaître Dieu comme notre berger personnel, introduire des foules au pardon du Christ et à l'amour du Père, vivre ensemble et au fond de soi cet amour de Dieu. Connaître, tout au fond de nous, la joie de vivre la volonté de Dieu et de l'avoir offerte à tel ou tel ou tel de notre entourage. Joie profonde, vraie joie, incomparable, que personne ne peut nous arracher et qui est la seule clef du bonheur...

Alors, comme le dit l'Apocalypse, lavons nos robes, et nous pourrons nous joindre à cette foule immense ; lavons nos robes, et nous pourrons nous approcher du trône de l'Agneau, c'est-à-dire voir le monde, voir notre ville bouger, l'Evangile prendre racines, éclairer, donner lumière et souffle autour de nous, et jusque dans notre Eglise...

Et pour cela, nous dit l'ange, il suffit d'une seule chose : laver nos robes, bien sûr, mais c'est encore plus simple que cela : accorder confiance, croire à ces paroles-là, faire confiance, tout lâcher, tout donner, tout remettre...

« Allez ! Evangélisez les nations », acceptez-en l'effort, faîtes confiance, c'est la joie de Dieu qui est entre vos mains !

Amen

Jean-paul Morley

Cultes du 10 novembre, Trimestrielles culte

Lecture : Apocalypse 7 : 9-10, 13-14, 17

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