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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 17:21

Près de 600 fois la Bible parle de bénir ou de bénédiction… Qu’entend-t-elle par là ?

Tout commence dès l’origine, la Genèse, dès le premier chapitre de la Bible, la première création des humains : Genèse 1 (v 26 à 31).

On y lit que le premier jour de la Création, celui de la lumière et des ténèbres, se conclut par : « Dieu vit que cela était bon »....

C'est déjà une béné-diction, une « bonne parole », une parole qui dit du bien de ou à quelqu'un, et qui souhaite du bien à quelqu'un.

Dès la première parole, dès son premier acte, Dieu dit et souhaite du bien. Il bénit...

Un peu plus tard, le sixième jour, celui de la création de l'être humain, Dieu dit, et pour la seule fois, que cela est très bon. Une super bénédiction...

Une super bénédiction pour qui ? Les humains.

Pourquoi ?

  • D'abord parce que Dieu leur donne de dominer sur tout ce qui vit : poissons, oiseaux, animaux – nous ne nous en sommes d’ailleurs pas privés, et non sans excès...
  • Ensuite parce qu'ils sont créés à son image : il y a quelque chose de Dieu en eux, ils sont institués comme vis-à-vis de Dieu : nous pouvons avoir commerce avec Lui – nous seuls. Et cela, c’est tout de même très intéressant. Nous le faisons d’ailleurs. Mais non sans dérives, parfois.
  • Encore parce que nous sommes créés couples, homme et femme : Il nous donne ainsi d'aimer, d'être amoureux... Cela aussi, ce n’est pas mal, nous ne nous en privons d’ailleurs pas – même si parfois nous y mêlons de la violence ou de l’humiliation.
  • Enfin, Il nous donne toute la végétation pour nourriture – nous créant d'abord végétariens. Nous ne nous en sommes d’ailleurs pas privés non plus, quitte à saccager ou à confisquer.

En résumé : la nourriture, la domination, l'amour et l'entretien avec Dieu. Oui, super bénédiction !

Et super responsabilité, puisqu'Il nous institue aussi les gardiens de tout cela : vis-à-vis de la nature, la planète ; vis-à-vis des animaux, vivants et sensibles ; vis-à-vis de nos conjoints et de nos amours ; vis-à-vis de la place laissée à Dieu sur terre...

Superbe, et terrible. Terrible, mais superbe.

Autrement dit, cette première bénédiction, dès le premier chapitre de la Bible, fait de nous des êtres humains. Dominants. Responsables. Et bénis.

Cette première bénédiction, universelle, s'étend sur tous les humains. Tous. Même les autres, tous les autres : immigrés, terroristes, Roms, gays...

Elle est complété par une seconde, encore plus belle s'il est possible : celle qui vise cette fois un individu, une personne singulière, peut-être chacun de nous, celle d'Abraham. C’est toujours dans la Genèse, au chapitre 12 (v 1 à 4a). Elle comporte trois éléments : un pays, une descendance, et… une bénédiction justement.

Cinq fois le terme « bénir » en deux versets ! Pour une bénédiction qui promet… une bénédiction, qui rebondit, transforme le béni en bénissant, puis rebondit encore des bénis jusqu'aux nations entières...

Reprenons : Dieu promet à Abraham, et par ricochet à chacun de nous, et sans doute à Eglise :

  • Un territoire : c'est à dire un espace pour vivre, pour agir, pour pouvoir être libre ;
  • Une descendance : c'est à dire une histoire, en amont et en aval, où inscrire sa responsabilité, une histoire à construire en créant et en transmettant ;
  • Enfin, devenir source de bénédiction : c’est à dire le meilleur qui se puisse rêver de ce que nous pouvons espérer pour nous-mêmes : devenir source de bénédiction pour ceux qu'on aime, ceux qui nous entourent, ceux dont nous sommes responsables. A côté, être le maître du monde, ce n’est rien !

Il me semble que tout cela – un espace pour vivre et agir, une histoire à créer et où s'inscrire, une bénédiction à démultiplier – est infiniment plus large, plus vrai, plus désirable que toutes les autres bénédictions possibles, y compris bibliques qui n'en sont finalement que les moyens, les compléments ou la déclinaison...

Et si l'on ajoute la première bénédiction (nourriture, domination, amour, dialogue divin, c'est à dire le personnel) ; à la seconde (espace, histoire, être source de bénédiction, c'est à dire le collectif), alors c'est juste une merveille qui nous est offerte... Offerte !

Mais aujourd'hui on assiste, et sans doute participe, à un même dérapage de ces deux bénédictions : celui de la menace qui pèse sur le monde et l'humain. On sait les menaces climatiques, écologiques, économiques, sociales, et leurs conséquences déjà amorcées : inégalités dramatiques, déchirures, violences.

Or cette ou ces menaces touchent quoi ?

  • La garde du monde, qui nous a été confiée ;
  • Le bien d'autrui et le bien des nations, dont nous sommes dépositaires de la bénédiction…

Alors reprenons la bénédiction à Abraham, en Genèse 12 :

  • et si le pays, le territoire promis, ce n'était pas seulement notre espace pour vivre : pays, société, réseau personnel, mais notre Eglise, notre paroisse, notre communauté, qui sont sous notre responsabilité ?
  • et si la descendance, ce n'était pas seulement notre lignée, nos enfants et petits-enfants à nous, au sens large et même lointain, mais nos jeunes, ici à Pentelux, nos enfants d'école biblique, du catéchisme, du post-catéchisme, du scoutisme, les jeunes adultes, les couples que nous bénissons ?

Si c'était pour eux aussi que nous avons reçu la promesse d'être source de bénédiction, et la responsabilité de l'être ou le devenir ?

Quelles seraient les conséquences ?

La première serait peut-être de préparer ces jeunes.

Les préparer à survivre si la vie, la société, le monde tournent mal, ce qui ne sera pas forcément drôle ;

les préparer à rester justes et fidèles, si la vie, la société, le monde tournent mal, ce qui ne sera pas forcément facile ;

les préparer à devenir des chefs et des guides, si la vie, la société, le monde tournent mal, ce qui ne sera pas forcément inutile ;

les préparer à l'être encore si la société et le monde tournent bien, espérons quand même !

Les préparer à être des lumières, des repères, des témoins au milieu de leurs contemporains… quoi qu'il advienne.

Avec la certitude que les préparer à cela, c'est la meilleure façon de les préparer à être heureux et à être de beaux humains.

Alors, pour que nous soyons source de bénédiction pour ces jeunes qui nous sont confiés, afin qu'eux-mêmes deviennent bénédiction autour d'eux, confions-nous au Seigneur, confions-les au Seigneur ;

apprenons-leur le pardon en Christ, l'amour de Dieu, notre Père à chacun, la prière permanente ;

et apprenons-leur à en vivre, par l'exemple de nos actes, par notre amour, par notre prière, et par ce que nous leur proposons de vivre avec nous, à travers l'Eglise.

Quelle superbe responsabilité ! En avons-nous déjà eu beaucoup d'aussi belles ?

Et quelle superbe promesse, bien sûr trop belle pour nous, trop belle pour être vraie. Alors... vraiment, que Dieu nous soit en aide, qu'Il nous bénisse, nous garde, nous donne la bénédiction d'Adam et Eve, et celle d'Abraham, et qu'Il bénisse notre Eglise et les jeunes qu'Il y invite !

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