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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 17:52

Dès qu’ils ont compris que c’est Jésus lui-même qui est devant eux, quand il a rompu le pain, et parce qu’il a rompu le pain, comme à la Sainte Cène, les deux compagnons d’Emmaüs décident de repartir aussitôt vers Jérusalem, malgré la nuit, malgré la fatigue, malgré le chemin caillouteux et montant, pour dire à leurs compagnons : ‘Il est vivant !!’’

Et quand ils arrivent à Jérusalem, exténués mais heureux, ils apprennent que leurs compagnons aussi ont vu Jésus vivant. C’est donc vrai : il est vraiment vivant ! Et leur désespoir du matin est changé en un énorme espoir, la certitude que le monde va changer, que le monde peut vivre autrement, fraternellement.

Quelques temps plus tard, arrivera un deuxième choc : l’Esprit de Dieu viendra sur eux, comme un feu. Et ce sera plus fort qu’eux : il faudra qu’ils parlent, qu’ils disent à tout le monde que Dieu est vivant, que Dieu aime et qu’il pardonne, que Dieu aime et qu’il nous appelle à vivre droits, libres, et généreux. C’est ce jour-là qu’on appelle la Pentecôte, sept semaines exactement après la mort de Jésus.

Et à partir de ce jour, tous les compagnons de Jésus, les disciples, commencent à annoncer partout que Jésus le crucifié est vivant. Incroyable !? Pourtant, de plus en plus de gens le croient, et des guérisons se produisent parmi les malades...

Mais évidement, cela ne plaît pas beaucoup aux prêtres qui l’ont fait condamner à mort….Ils croyaient s’être enfin débarrassés de cet agitateur et trublion qui bousculait toutes les traditions, et voilà de nouveaux énergumènes qui font pire : ils annoncent quelque chose d'absurde : que le mort est de nouveau vivant !

Alors ils n’hésitent pas : il faut absolument étouffer tout cela dans l’œuf, sinon la mort de ce Jésus n’aura servi à rien, et ils perdront quand même leur belle autorité.

En vérité, c’est s’ils réussissent à l’étouffer dans l’œuf, que la mort de Jésus n’aura servi à rien…

A quelques jours de là, les apôtres - c’est le nom de ceux qui annoncent que Jésus est vivant - les apôtres enseignent au milieu du Temple à Jérusalem. Dès qu’il l’apprend, le Grand Prêtre fait envoyer ses soldats. Mais une foule entoure les apôtres, et les écoute avec une grande attention. Alors les soldats, prudemment pour ne pas provoquer la foule, leur demande de les suivre. Les apôtres obéissent. Et ils se retrouvent devant le Grand conseil, le tribunal religieux suprême des Juifs de l’époque.

C’est le Grand prêtre lui-même qui prend la parole : ‘’ Alors ? Est ce que nous ne vous avions pas déjà interdit de raconter des absurdités, qu’un mort est vivant, et d’enseigner le message de ce Jésus, qui n’était qu’un imposteur ? Et qu’avez-vous fait ? Le contraire ! Maintenant, toute la ville est bouleversée, et en plus vous nous rendez responsable de sa mort !’’

Alors Pierre, qui maintenant n’a plus peur, répond calmement :

‘’Jugez vous-même : que vaut-il mieux ? Obéir aux hommes ou obéir à Dieu. ?

Dieu a rendu la vie à cet homme que vous avez crucifié. Il en a fait le sauveur du monde. Nous en sommes témoins, et Dieu nous demande de le faire savoir dans le monde entier. Et vous voudriez que nous nous taisions ? Vous voudriez que nous vous obéissions à vous plutôt qu’à Dieu ? Avec cette formidable nouvelle que nous avons à partager ? Jugez vous-même, c’est impossible !’’

Les prêtres sont furieux. Ils voudraient les tuer sur place. Mais que faire ? S’ils condamnent ces hommes, c’est toute la foule qui va se révolter contre eux.

Alors ils les menacent encore une fois, leurs interdisent de nouveau de parler de Jésus, et les laissent repartir. Les apôtres ressortent tout joyeux… Et aussitôt, ils recommencent à parler à tous de Jésus, de Dieu, et de son amour. Parce que pour eux, il n'y a pas de doute, c’est Dieu qui les a délivrés du Grand Conseil, et il vaut donc bien mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, même quand ce sont des autorités respectées.

En fait, ils sont très courageux. C’est très difficile, d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, ou même à Dieu plutôt qu’à son intérêt à soi. Ce n’est pas seulement résister et tenir bon face à une autorité injuste, comme les chrétiens qui préféraient être jetés aux lions à Rome, plutôt que de renoncer à leur foi. Ou comme les hommes et les femmes qui ont résisté aux nazis pendant la guerre, ou aujourd'hui à d’autres dictatures, comme ce scheik, ce chef arabe dans le Sinaï, le seul à combattre les prises d’otages et à les délivrer. Ou comme les Églises qui interpellent le gouvernement quand une loi leur semble trop injuste…

Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes c’est aussi résister à soi-même, ou à l’état d’esprit dominant, quand il nous pousse par exemple à être égoïste ou à tricher.

A votre avis :

Est-ce que c’est obéir à Dieu ou aux hommes quand on copie sur son voisin ?

Est-ce que c’est obéir à Dieu ou aux hommes de prendre l’ascenseur quand on est jeunes ?

Est-ce que c’est obéir à Dieu ou aux hommes, quand on triche un peu sur, je ne sais pas, sa déclaration de revenus par exemple, comme cela semble devenu une manie ?

Est-ce que c’est obéir à Dieu ou aux hommes, quand on dit du mal des autres : d'autres élèves, des collègues de travail ?

Est-ce que c’est obéir à Dieu ou aux hommes quand on laisse sans réagir un petit se faire frapper par des grands, ou un camarade se faire accuser à notre place, ou un collègue se faire harceler par son supérieur, ou une femme se faire embêter ou insulter ?

C’est tout les jours que nous devons choisir, souvent plusieurs fois par jour. Et ce qui est extraordinaire... c’est qu’en fait ce qui est difficile, c’est seulement de commencer, après ce n’est plus si difficile.

Vous voyez, enfants, tous les adultes qui sont ici ? Je ne les connais pas tous bien, mais je crois pouvoir vous dire que, tous, ils choisissent d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Peut-être parfois avec un peu, ou même beaucoup de difficultés, peut-être parfois avec un peu de confusion, mais en fait, tous ont décidé, pour leur vie, d’obéir à Dieu plutôt qu’à eux-mêmes... Sinon ils ne viendraient pas ici. Et surtout parce que, ici, ils reçoivent le courage de le faire, parce que ici, ils font confiance à Dieu, comme les apôtres ; ils savent que Dieu les appelle à vivre justes, ils croient en ce monde qui a besoin d’amour et de paix, et qui a besoin d'eux. Et ils savent que Dieu les a déjà aidés et accompagnés quand ils choisissaient d’obéir d’abord à Lui.

Alors nous pourrions prendre comme mot d'ordre pour cette année, de nous lâcher ! Nous avons tous envie, petits et grands, d’être justes, d’être bons, d’être fidèles, d’être utiles et d’être généreux, en un mot : d’aimer. On en a envie, spontanément, mais on a un peu peur d’être ridicules, ou de se faire avoir...

Et bien, nous pouvons quand même. Dieu nous permet. Et même, Il nous le donne. Nous pouvons nous laisser aller à être justes et à aimer, c’est permis ; nous pouvons nous lâcher à être bons, et sincères, et justes, et courageux ; nous ne serons pas perdants. Quelque fois peut-être nous n’en serons pas sûrs, et penserons même le contraire. Mais à terme c’est une certitude : nous ne serons pas perdants, et notre vie sera belle. Pas forcément la belle vie, mais une vie belle.

Et nous serons, comme cela se voit ici quand nous nous regardons les uns les autres, de beaux êtres humains ! C’est le cadeau de Dieu.

Maintenant, un mot aux adultes : pour leur dire qu'obéir à Dieu plutôt qu'aux humains, à Dieu plutôt qu'à l'état d'esprit ambiant, c'est vraiment urgent. Parce que le monde va mal. Franchement mal en ce moment, on ne sait pas où il va, et c'est sans doute en grande partie à cause de cette confusion des obéissances.

Le cynisme généralisé, le chacun pour soi, le ‘mes intérêts, mes envies et mes droits avant tout, et tant pis pour les autres, pour la planète, pour les victimes de mon intérêt’ ; le « c'est pas mon problème » à propos d'Ebola, de la fonte des banquises, de la spéculation sauvage ou de la défense des privilèges catégoriels... tout cela c'est obéir aux hommes, à l'ambiance générale, à soi-même, et pas à Dieu.

Voilà pourquoi obéir à Dieu plutôt qu'à l’humain, ce n'est pas théorique, c'est vital et urgent.

Pour notre paix intérieure. Et pour l'avenir de nos enfants.

Mais pour illustrer tout cela d’une note un peu plus gaie, je finirai par une petite histoire :

Un jour un homme descendait un chemin raide et pierreux, comme celui d’Emmaüs. Au détour du chemin, il voit monter en face de lui une petite fille avec son jeune frère sur le dos…

Au moment de la croiser, il lui dit :

« - Dis-moi, petite, tu portes là une charge bien lourde...

Et elle répond :

- Mais, Monsieur, ce n'est pas une charge, c'est mon frère ! »

Le monsieur, tout étonné, reste silencieux : elle avait raison !

Un frère ce n’est pas un fardeau. Aider quelqu’un d’autre, ou être honnête, cela peut parfois paraître lourd.

Mais en fait cela n’est pas un fardeau, c’est porter son frère, et cela, c’est une chance, un cadeau magnifique !

Alors obéissons à Dieu plutôt qu’aux hommes, toute cette année...

Cultes de rentrée enfants-parents, 14 septembre 2014

Lectures : Luc 24 : 13-14, 28-35

Actes 5 : 12-16, 27-32

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