Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 10:17

Paul, dans une de ses lettres, la 2e aux Corinthiens, parle de sa propre faiblesse, sans doute ce jour-là le plus ouvertement. « Une écharde dans ma chair, dit-il, un ange de Satan qui me frappe… ».

On s’est bien sûr perdu en hypothèses pour essayer de deviner de quoi il s’agissait : maladie, défaut, orgueil peut-être… En vain, bien sûr, et tant mieux : cela n’a aucun intérêt.

Mais l’image de l’écharde ou de l’épine dans la chair, me paraît belle, et juste : une écharde, c’est tout petit, ce n’est pas grave, mais cela vous contrarie et cela vous diminue…

Or une épine, une écharde, nous savons bien que nous en avons tous au moins une, peut-être deux ou trois, dans notre vie. Quelque chose en nous qui nous contrarie, nous diminue, nous humilie peut-être, au moins à l’intérieur, nous fait sans doute honte et ne nous quitte pas mais nous suit plus ou moins tout au long de la vie. On aimerait s’en débarrasser, mais on n’y arrive pas. On aimerait que Dieu nous en débarrasse, on l’a souvent prié pour cela, mais Il ne le fait pas – ou alors parfois, après bien longtemps.

Une épine qui nous ramène et nous rappelle à nous-mêmes : la tête dans les étoiles, oui, mais les pieds dans la poussière, parfois dans la boue.

Et Paul le dit : plusieurs fois il a demandé au Seigneur de l’en débarrasser, avec toute la force de sa prière, à lui, Paul. Mais en vain. Le Seigneur le lui a fait comprendre : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » Comme le Christ sur la croix. Et Paul a compris : « C’est afin que je ne sois pas trop orgueilleux…».

Alors : nous aussi, accueillons notre écharde.

Ne cessons pas d’essayer de la vaincre et de nous en débarrasser.

Mais sans en faire un défi à soi-même, ni à Dieu bien sûr, qu’on mettrait au pied du mur ; sans non plus culpabiliser face à ce qui est peut-être plus fort que nous, peut-être fait partie de nous.

Et puis en comprenant que cette écharde nous est utile : ne pas être trop orgueilleux, dit Paul, ne pas s’espérer parfait, ne pas s’espérer irréprochable. Déjà parce que nous serions odieux pour les autres. Et surtout parce que c’est précisément quand et parce que nous sommes faibles, faillibles, défaillants, que nous comprenons que nous avons absolument besoin de l’amour de Dieu. Et que Dieu peut, à travers nous, montrer son amour, montrer qu’Il aime quand même, montrer que justement malgré nos faiblesses, nous pouvons faire du bien, donner du bon, dire du bien ; donner et transmettre son amour à travers nous, qui sommes imparfaits, à d’autres qui sont tout aussi imparfaits.

Parce que, comme le Christ sur la croix, c’est dans la faiblesse que se révèle et s’accomplit la puissance d’amour du Dieu vivant : « Je mettrai volontiers ma fierté dans mes faiblesses, dit Paul, car c’est quand je suis faible, que je suis fort »…

Partager cet article

Repost 0

commentaires