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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 15:48

« O Dieu, brise-leur les dents, dans la bouche !

Seigneur, démolis leurs crocs de lions !…

Et le fidèle se réjouira de voir la vengeance de Dieu sur les méchants, et de patauger dans leur sang... »

C'est dans le Psaume 58, dans la Bible...

Nous avons préparé ce culte avec les jeunes de 19 à 30, la dynamique des 19-30 ans. Et ils ont souhaité comme thème, ou plutôt comme question : « La violence dans la Bible »... C'est d'actualité !

Alors ils ont choisi quatre textes, particulièrement déroutant à cause de leur violence, en demandant comment les comprendre et, peut-être, les accepter.

Ils vont les lire, tour à tour, et moi, j'essayerai de répondre ! De répondre vraiment, c'est -à-dire sans les écarter simplement sous prétexte que les temps ont changé, mais en cherchant ce qu'ils peuvent vraiment nous dire, à nous.

Un exercice qui s'inscrit totalement dans la série de prédications que je vous ai promises sur ce que nous croyons. Et, aujourd'hui, ce que nous pouvons croire quand la Bible nous semble folle !

***

Lisons le premier texte qui pose la première question

Lévitique 20 : 1-2, 9-11, 13, 15 et 19-20

L'Eternel parla à Moïse, et dit :

« Tu diras aux enfants d'Israël : Si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Moloch l'un de ses enfants, il sera puni de mort : le peuple du pays le lapidera. […]

Si un homme quelconque maudit son père ou sa mère, il sera puni de mort; il a maudit son père ou sa mère : son sang retombera sur lui.

Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s'il commet un adultère avec la femme de son prochain, l'homme et la femme adultères seront punis de mort.

Si un homme couche avec la femme de son père, et découvre ainsi la nudité de son père, cet homme et cette femme seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. […]

Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. […]

Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort; et vous tuerez aussi la bête. […]

Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ta mère, ni de la sœur de ton père, car c'est découvrir sa proche parente : ils porteront la peine de leur péché.

Si un homme couche avec sa tante, il a découvert la nudité de son oncle ; ils porteront la peine de leur péché, ils mourront sans enfant. »

Q- Toutes ces condamnations à mort, pour certains cas graves et d’autres dérisoires, cela paraît excessif, monstrueux, d’un autre âge ?

Comment l’admettre ? L’appliquer, c’est hors de question.

Alors comment le comprendre ?

  • Nos ados n'ont qu'à bien se tenir...

Maudire son père ou sa mère mérite la mort, dit la Bible !... Je sens que certains vont commencer à surveiller leurs propos...

Mais, tu as raison : cela nous apparaît aujourd'hui monstrueux, excessif, d'un autre âge. Et cela l'est. C'est vrai. Alors comment le comprendre ? Difficilement, mais trois approches sont possibles :

1 - Sacrifier ses enfants, son premier né, au dieu Moloch ou Molek, cela se faisait alors. Et c'est cela qui est monstrueux. Il fallait donc l’empêcher, interdire cette monstruosité : sacrifier son enfant à Dieu, ça, c’est vraiment un blasphème !

Du coup punir de mort l'infanticide religieux, interdire l'inceste, condamner l'adultère, et même respecter ses parents, c'est simplement assurer l'ordre et la sécurité publiques et morales. D'ailleurs nous : jusqu'à quand avons-nous, en France, coupé des têtes ? On s'en souvient : 1981. Ce n'est pas si vieux. La plupart d'entre nous étions nés... Donc, première approche : poser des limites.

2 - Deuxième approche : si nous lisons bien ce texte du Lévitique, nous découvrons une progression, un glissement : de la condamnation à mort vers la responsabilité ; et de là, « porter la peine (les conséquences) de ses actes» dit le texte. Et là, sommes-nous toujours dans la punition ? Ou dans l'avertissement venu de l'expérience ? Nos actes, nos choix, nos comportements, nous en sommes responsables, et c'est peut-être vrai aujourd'hui plus que jamais, et nous en subissons, d'une façon ou d'une autre, les conséquences. Et c'est peut-être heureux...

Dès lors, nous pouvons aujourd'hui entendre les condamnations à mort de jadis non à la lettre, mais comme un avertissement de possible mort sociale, c'est à dire de rejet par les autres, en conséquence de nos choix. Que cette mort sociale ou ce rejet soit justifiés – un comportement sexuel irresponsable, par exemple – ou injustifiés – la crise de l'adolescence ou l'homosexualité...

3 - Troisième approche : Nous souvenir que dans la Bible existe une Loi première, fondatrice, surplombant et régulant toutes les autres : le Décalogue, les dix Paroles. Et que la première de ces dix Paroles concernant autrui, c'est « Tu ne tueras pas ». Loi contre Loi, commandement biblique contre commandement biblique.

Alors s'ouvre tout à coup la possibilité et même la nécessité de notre propre jugement, de notre propre interprétation : il y a du jeu dans la Bible, de l'espace, de l'hésitation, de la marge pour notre appréciation et notre responsabilité, pour juger les textes eux-mêmes, les relativiser ou les valoriser. Et décider, par exemple, que l'injonction « Tu ne tueras pas », l'emporte sur l'injonction « Tu tueras celui qui a une relation avec sa chèvre, et la chèvre avec ! »

***

Nombres 31 : 1-2, 5-7 et 13-18

L'Eternel parla à Moïse, et dit : « Venge les enfants d'Israël sur les Madianites ; tu seras ensuite recueilli auprès de ton peuple. » […]

On leva d'entre les milliers d'Israël mille hommes par tribu, soit douze mille hommes équipés pour l'armée. Moïse envoya à l'armée ces mille hommes par tribu, et avec eux le fils du sacrificateur Eléazar, Puinées, qui portait les instruments sacrés et les trompettes retentissantes. Ils s'avancèrent contre Madian, selon l'ordre que l'Eternel avait donné à Moïse ; et ils tuèrent tous les mâles. […]

Moïse, le sacrificateur Eléazar, et tous les princes de l'assemblée, sortirent au-devant d'eux, hors du camp. Et Moïse s'irrita contre les commandants de l'armée, les chefs de milliers et les chefs de centaines, qui revenaient de l'expédition. Il leur dit : Avez-vous laissé la vie à toutes les femmes ? Voici, ce sont elles qui, sur la parole de Balaam, ont entraîné les enfants d'Israël à l'infidélité envers l'Eternel, dans l'affaire de Peor ; et alors éclata la plaie dans l'assemblée de l'Eternel.

Maintenant, tuez tout mâle parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui ; mais laissez en vie pour vous toutes les filles qui n'ont point connu la couche d'un homme.

Q- D’abord, c’est quoi, ces Madianites ? Et c’est qui, ce Balaam ?

R - : Madian, c'est le territoire au Sud-Est d'Israël, un désert qui ouvre sur l'actuelle Arabie Saoudite, de l'autre côté de la Mer Rouge par rapport au Sinaï. Et là, les Israëlites, sortis d'Egypte, fricotèrent d'un peu trop près avec des femmes Madianites, qui les incitèrent à adorer un peu leurs propres dieux... C'est raconté un peu avant, au chapitre 25.

Quant à Balaam, c'est un prophète étranger et controversé, tantôt sympathique, tantôt attirant vers de faux dieux, comme ici...

***

Q- Bon, d’accord, mais c’est tout à fait monstrueux ! Encore pire que les condamnations à mort du Lévitique ! Et incompatible a priori avec un Dieu d’amour… ?

R - : Oui, tu as raison !

Ces massacres au nom de Dieu, on frissonne !

Au nom de Dieu, mais on s'approprie quand même tous les biens d'autrui – on frissonne encore !

Un massacre, non : un génocide total, un pays rayé de la carte au nom de Dieu, pour un simple blasphème – on frissonne encore plus, en se demandant si on n'est pas en pleine actualité ! Et en pleine folie.

Et puis, c'est quoi ces histoires avec les femmes : on les tue toutes aussi... ah non ! pas les vierges, celles-là vous pouvez vous les garder, pour vous.

Mais on rêve... !

Surtout qu'à l'épisode précédent, un Israëlite, qui avait emmené une Madianite dans sa tente, s'était fait avec elle transpercer le dos d'un coup lance, par un prêtre, le même Pinheas... On devient fou !

Mais on peut reconnaître l'état d'esprit des intégristes, dans l'histoire ou aujourd'hui, chrétiens, musulmans ou hindouistes...

Mais justement, c'est pour cela... C'est pour cela qu'avoir une lecture critique de la Bible est une exigence absolue et un impératif non négociable ; c'est pour cela qu'avoir au contraire une lecture fondamentaliste ou littérale de la Bible, est une faute, une erreur, un obstacle à la vérité du texte. Une lecture littérale et fondamentaliste des textes sacrés et de la religion, juive, musulmane ou chrétienne, est toujours porteuse d'intolérance et de violence ; tandis qu'une lecture critique, qui interprète, nous préserve toujours de l'intolérance et de la violence.

Alors disons-le : ce texte-là, cet épisode ne raconte pas un exploit de Moïse, du peuple et de ce prêtre-assassin, Pinheas. Non : il raconte une faute de Moïse et du peuple. Ce texte-là est un contre-exemple, un exemple donné par la Bible de ce qu'il ne faut pas faire au nom de Dieu.

Et Moïse le sait.

N’y a-t-il pas une suite au texte ?

Q- Si :

Nombres 31 : 19- 20 :

« Et vous : campez pendant sept jours hors du camp; tous ceux d'entre vous qui ont tué quelqu'un, et tous ceux qui ont touché un mort, se purifieront le troisième et le septième jour, eux et vos prisonnières. Vous purifierez aussi tout vêtement, tout objet de peau, tout ouvrage de poil de chèvre et tout ustensile de bois. »

Q- Et alors ?

R - Alors, cela signifie que Moïse sait. Il est conscient que cet épisode a été une faute, le texte le suggère : d'abord Moïse est en colère, et il dit n'importe quoi au sujet des femmes, en pleine contradiction avec la Loi. On sait que la colère est généralement un aveu de faiblesse… Et surtout il est conscient que tous ces hommes ont péché : c'est pour les purifier pendant sept jours de ce qu'ils ont fait, qu'ils doivent rester une semaine hors du camp, se purifier deux fois, et purifier leurs vêtements et leurs armes... Parce qu'ils ont péché.

Et Moïse le sait. Tuer est toujours un péché.

***

Josué 10 : 16-18, 22 et 24-26

Lors de la conquête de Canaan par Josué et le peuple, après la traversée du Sinaï, il y eut, parmi d’autres, une bataille contres les Amorites, et Israël a gagné une fois de plus…

Les cinq rois s'enfuirent, et se cachèrent dans une caverne à Makkéda. On le rapporta à Josué, en disant : « Les cinq rois se trouvent cachés dans une caverne à Makkéda. Josué dit : Roulez de grosses pierres à l'entrée de la caverne, et mettez-y des hommes pour les garder. » […]

Josué dit alors : « Ouvrez l'entrée de la caverne, faites-en sortir ces cinq rois, et amenez-les-moi. » […]

Lorsqu'ils eurent amené ces rois devant Josué, Josué appela tous les hommes d'Israël, et dit aux chefs des gens de guerre qui avaient marché avec lui : « Approchez-vous, mettez vos pieds sur les cous de ces rois. » Ils s'approchèrent, et ils mirent les pieds sur leurs cous.

Josué leur dit : « Ne craignez point et ne vous effrayez point, fortifiez-vous et ayez du courage, car c'est ainsi que l'Eternel traitera tous vos ennemis contre lesquels vous combattez. » Après cela, Josué les frappa et les fit mourir; il les pendit à cinq arbres, et ils restèrent pendus aux arbres jusqu'au soir.

Q- Mais c’est sadique, de tuer, et de cette façon, des adversaires vaincus ! Et Josué qui encourage ses chefs à tuer de sang froid, au nom du Seigneur !

Et j’ai lu que, ensuite, les Israëlites conquièrent les villes de Maquéda, Libna, puis Lakich, Eglon, Debir ; et ils en tuent les habitants sans laisser un seul survivant, pour s’emparer des villes et des terres…

R - Ben oui....

Est-ce que les chefs doivent subir les conséquences de leurs choix et de leurs actes ? Certainement. Ils sont sont responsables de leurs décisions, et en l’occurrence, ce sont ces cinq rois qui avaient déclenché la guerre.

Mais au point d'être tués ? On pense aux journalistes décapités par l'Etat islamique...

Et au point de massacrer des territoires entiers ? On pense à la Syrie, à l'Afrique centrale, à l'Ukraine, mais aussi à l’Israël actuel, qui grignote le territoire palestinien année après année… Tout cela au nom de Dieu.

Souhaiterions-nous que Dieu punisse ainsi aujourd'hui ? Et qu'Il agisse ainsi, même pour son peuple, ou même pour nous ?

Penserions-nous que ce qui se passe d'horrible aujourd'hui dans le monde puisse être une punition décidée par Dieu ?

Mais souhaiterions-nous un tel Dieu ?

Non, évidemment pas, effroyablement pas.

Nous butons donc, à nouveau, sur l'interprétation. La logique de ces textes bibliques est :

  • Dieu a promis ce pays à Abraham, et au peuple qui serait issu de lui.
  • Alors Il le lui donne, en le nettoyant de ses habitants, qui ont le tort d'adorer de faux dieux. Il les extermine donc, Il les génocide.
  • Dieu veille ainsi sur le peuple qu'Il s'est choisi, et tient ses promesses…

Que faire, face à cette logique impossible ? Sinon chercher la bonne clef d'interprétation de la Bible, sa vraie clef de lecture, le véritable cœur de son message ? Et ce cœur, pour nous, c'est le Nouveau Testament, et dans le Nouveau Testament, c’est l'Evangile, et le cœur de l'Evangile, ce sont les paroles de Jésus lui-même, son commandement « Tu aimeras ». Et c'est... la croix.

La croix du Christ qui renverse cette logique de la rétribution, de l'élection de l'un aux dépends de l'autre, de la punition, de la violence au nom de Dieu.

Pourquoi ? Parce que la croix est elle-même la pire des violences appliquée au plus pur des innocents. Et cette violence-là, insupportable, fait exploser toute justification de la violence, condamne définitivement toute justification de la violence au nom de Dieu. Elle interdit désormais toute violence d'être humain à être humain[1], elle l'interdit parce que le Christ a montré la vanité de la violence, a pris sur Lui toute la violence du monde pour la dénoncer, et nous a montré, appris, démontré, par l'incarnation, qu'en tout être humain, Dieu, l'image de Dieu, était présente, et en interdisait sa destruction.

Alors oui, ce qui était un mythe fondateur du peuple élu et de son alliance avec le Dieu créateur, est devenu, avec la croix du Christ, le contre-modèle, ou le modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Et ce mythe ne peut plus, aujourd'hui, justifier aucune conquête de territoire au nom de Dieu, ni par les uns, ni par les autres.

***

Exode 32 : 15-20 et 25-29

Alors que le peuple, libéré de l’esclavage en Egypte, traverse le désert du Sinaï, Moïse est convoqué par Dieu au sommet d’une montagne, et là, il reçoit les fameuses tables de la Loi, les 10 paroles, ou 10 commandements.

Moïse retourna et descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main; les tables étaient écrites des deux côtés, elles étaient écrites de l'un et de l'autre côté. Les tables étaient l'ouvrage de Dieu, et l'écriture était l'écriture de Dieu, gravée sur les tables.

Josué entendit la voix du peuple, qui poussait des cris, et il dit à Moïse : « Il y a un cri de guerre dans le camp. » Moïse répondit : « Ce n'est ni un cri de vainqueurs, ni un cri de vaincus; ce que j'entends, c'est la voix de gens qui chantent. » Et, comme il approchait du camp, il vit le veau et les danses.

La colère de Moïse s'enflamma; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. Il prit le veau qu'ils avaient fait, et le brûla au feu; il le réduisit en poudre, répandit cette poudre à la surface de l'eau, et fit boire les enfants d'Israël.

[…]

Moïse vit que le peuple était livré au désordre, et qu'Aaron l'avait laissé dans ce désordre, exposé à l'opprobre parmi ses ennemis. Moïse se plaça à la porte du camp, et dit : « A moi ceux qui sont pour l'Eternel ! » Et tous les enfants de Lévi s'assemblèrent auprès de lui. Il leur dit : « Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël : Que chacun de vous mette son épée au côté; traversez et parcourez le camp d'une porte à l'autre, et que chacun tue son frère, son ami, son parent. »

Les enfants de Lévi firent ce qu'ordonnait Moïse; et environ trois mille hommes parmi le peuple périrent en cette journée. Moïse dit : « Consacrez-vous aujourd'hui à l'Eternel, même en sacrifiant votre fils et votre frère, afin qu'il vous accorde aujourd'hui une bénédiction. »

Q- Cette fois, c’est le comble ! Dieu ordonne d’assassiner ses propres enfants, frères et sœurs, sous prétexte qu’ils ont fait la fête autour d’une idole… Alors il faudrait aussi tuer vos enfants, frères et sœurs, parce qu’ils font le fête autour d’un chanteur ou d’une équipe au championnat du monde ?

R - Peut-être fallait-il frapper fort, pour faire prendre conscience de la gravité du choix entre Dieu, le Dieu de la vie, et les illusions qui conduisent à se perdre ?

Q- Mais est-ce possible de dire une chose pareille, quand on voit ce qui peut se faire par exemple au nom d’Allah, hier au nom de l’Inquisition, du nazisme ou du communisme ?

R - Tu as raison et je suis d’accord avec toi.

Mais tu sais, les chercheurs sont très peu sûrs de la réalité de cet épisode au Sinaï… Et on a le droit de ne pas prendre à la lettre un texte qui est plus une parabole qu’un texte historique.

Q- Même ! Si c’est une parabole, que veut-elle dire ?

R – Cela, c'est la bonne question ! Historique ou pas, quel est le sens de ce récit ? Dans les deux cas, il a une grande force symbolique : que choisissons-nous, pour nous, personnellement ou collectivement ? Dieu, ou des illusions que la Bible appelle idoles ?

Or la conséquence de ce choix est pour nous vitale : c'est choisir la vie ou la mort,

  • choisir d'écouter Dieu, et sa Loi de vie et de liberté, d'exigence et de responsabilité, la voie bienheureuse mais difficile de l'amour et du respect ;
  • ou choisir l'égarement : prier un veau, croire que la vie n'est qu'une fête, et chacun pour soi, croire que donner de l'éthique à notre comportement, c'est complètement obsolète, en matière de mœurs et de relations personnelles, aussi bien qu'en matière économique ou financière. On peut trouver excessifs les prophètes de jadis, mais on ne peut douter, par exemple, qu’eux ou Moïse auraient qualifié l'évasion fiscale de crime. De crime, parce que c'est une voie de mort, qui détruit indirectement des vies. Et ils diraient de même du cynisme écologique : un crime.

Et cet égarement, ce choix contre la vie, ce choix si facile de « moi d'abord et tant pis pour les autres » a nécessairement des conséquences pour soi, intérieurement, pas seulement pour autrui. C'est l'étonnante image de Moïse faisant boire leur poussière d'or, c’est-à-dire leur péché, aux Israëlites... On se corrompt de l'intérieur.

Finalement, si certains textes de la Bible sont choquants de violence, Dieu, Lui, ne l’est pas, et son Evangile non plus.

Et tous ces textes de violence dans la Bible, éclairés par l'Evangile de l'amour et de la croix, nous renvoient en réalité à nous-même, et nous conduisent à une question décisive :

toi, que choisis-tu, la voie de la vie, ou la voix de la mort,

qui ressemble tant à celle de l'égoïsme ?

En cela, ces textes sont toujours brûlants d'actualité, et donc, contre toute attente, grandement précieux.

Que Dieu nous donne

de ne jamais lui donner l'envie de nous casser les dents... !

jp morley

Cultes du 15 février 2015

[1] On laisse ici de côté la question de la violence légale, dont la mission est précisément de faire respecter la paix sociale.

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