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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 15:26

 

A Cuba, Fidel Castro a donné, on le sait, d’abord son  honneur à un petit pays devenu le lupanar des Nord-américains, géré par la mafia étasunienne. Ensuite un système de santé de haute qualité et absolument gratuit, une éducation gratuite d’excellent niveau pour tous les enfants, un système économique contraignant mais où tous pouvaient vivre, chichement, mais tous, et une paix sociale rythmée par une samba omniprésente. Tout cela au prix d’un encadrement féroce de la population, de la presse, de la liberté d’expression, des libertés ; d’une répression impitoyable des opposants, avec élimination de milliers de résistants. Et l’exil incertain de ceux qui n’en pouvaient plus.

Alors, ange ou démon ? Il me semble que dans les jugements, où l’emporte généralement aujourd’hui la face noire, il manque un élément majeur : l’environnement géographique. Car Cuba n’est ni nulle part, ni n’importe quand, mais appartient à un continent. Dont l’histoire et la réalité pendant les années du castrisme (1960-2000) est partout l’histoire de dictatures épouvantables, de victimes de répression par dizaines de milliers, de misères et de famines, de guerres civiles interminables, de massacres et de spoliation de milliers de paysans et d’indiens indigènes. C’est le continent des colonels argentins, de Pinochet, des FARCS, des cartels de la drogue, du refuge d’anciens nazis, de l’assassinat du Che, de la main nord-américaine soutenant et armant toutes ces dictatures militaires.

Alors, Castro, ange ou démon dans le contexte de l’Amérique du Sud de la seconde moitié du XXe siècle ? On a envie de répondre : sur le plan de l’économie et de la pauvreté : match nul. Sur le plan des libertés publiques : match nul. Sur le plan de la qualité de vie, de la paix sociale et du respect du petit peuple, victoire indéniable de Cuba.

Dernier indice, les manifestations populaires qui entourent la disparition de Castro trouveraient-elles un équivalent dans un pays quelconque du sous-continent après la mort d’un dictateur retraité depuis 10 ans ?

Ce parallèle avec tous les pays environnants ne mérite-t-il pas de nuancer un peu le jugement ?

Envoyé à Réforme

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