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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 12:17

(Reprise d’un document de Christian BARBERY)

 

Jésus est condamné au supplice de la croix, et meurt à Jérusalem le 7 avril 30 ou le 3 avril 33.

Une chose est sûre, Jésus n'a rien écrit, si ce n’est une fois sur le sable...

Cependant, ses paroles et gestes donnèrent très vite naissance à des traditions orales qui en conservèrent le souvenir, avec plus ou moins de précision.

Mais au départ, pas encore de textes – hormis ce qu'on appelle l'Ecriture, c'est à dire la Bible hébraïque (Premier Testament).

 

Les premiers écrits

Après la mort de Jésus que se passe-t-il ? Jésus était mort, et pourtant on disait qu'il s'était réveillé ou relevé, deux verbes que nos traductions rendent par « ressuscité ». Cela signifie que si Jésus n'était plus présent, il ne continuait pas moins d’être et d'agir auprès des siens.

Un instant désemparé, les premiers groupes de disciples se reconstituent en Galilée, en Judée, à Jérusalem. Ils se rassemblent, et au cœur de leur rassemblement, ils font mémoire du Christ.

Mais comment faire mémoire ?

On suppose qu'une certaine activité littéraire se déploie tout au long des 20 premières années du christianisme. Mais aucune œuvre ne nous est parvenue. Pas d'originaux. Il ne nous reste que quelques vestiges dans les écrits rassemblés par le Nouveau Testament.

 

Les premiers textes sont des textes liturgiques utilisés au cours du culte chrétien et formant le noyau de l'enseignement :

 En particulier des Confessions de foi, prononcées également devant les tribunaux romains lors des persécutions. La plus simple et la plus ancienne est sans doute : Jésus est Seigneur (Actes 8 : 37 ; Hébreu 4 : 14 ; Romains 1 : 3), une confession plus élaborée : 1 Corinthiens. 15 : 3 à 5. « Christ est mort pour nos péchés... »

Proches de ces confessions de foi, des hymnes dont l'un des plus anciens est cité par l'apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens (Philippiens 2 : « De condition divine, il s'est dépouillé... »). Un des seuls textes qui suggèrent, mais n'affirment pas, que Jésus soit lui-même Dieu.

Pendant le culte, on célébrait aussi des baptêmes. Quelques traces dans certains manuscrits du livre des Actes : Actes 8, 36-37, avec ce dialogue entre Philippe et l'eunuque éthiopien :

«- Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je reçoive le baptême ?

-Si tu crois de tout ton cœur, c'est possible.

-Je crois que Jésus-Christ est Fils de Dieu ! »

De même pour des liturgies de la Sainte Cène, dont on a les traces dans les évangiles, et chez Paul dans la lettre aux Corinthiens 11, avec la mention « Faite cela en mémoire de moi »

Desprières sont également parvenues. La plus fameuse et la plus répandue sans doute dans les premières communautés est le Notre-Père dont nous possédons deux versions, qui circulaient séparément dans les communautés primitives.

 

A côté de ces textes liturgiques, commencent à se rédiger des recueils sur Jésus :

D'abord les Récits de la passion, les plus anciens. Avant de raconter la vie de Jésus, on raconte sa mort. C'est capital, par ce que c’est le centre de la foi chrétienne et là qu’elle commence.

Puis on complète par les récits de Pâques.

Ensuite des documents biographiques, en particulier des récits de miracles, en remontant de la mort jusqu'à l'enfance, puis la naissance, le tout de caractère merveilleux.

Enfin ou parallèlement, des collections de paroles ou sont réunis des paraboles, des apophtegmes, des controverses... par exemple sur la Loi ou sur la fin des temps.

 

Ainsi, lorsque l'apôtre Paul prend la plume vers l'an 50, il existe déjà une certaine littérature, qui répondait aux besoins des communautés.

Mais toujours aucun texte complet ni systématique qui nous soit parvenu, uniquement de petites citations éparses dans notre Nouveau Testament.

 

L'apôtre Paul

Paul, né à Tarse dans une famille juive aisée, après avoir persécuté les chrétiens, se convertit brutalement et devient lui-même défenseur de la foi chrétienne. Il se met à parcourir le monde, entreprenant des tournées missionnaires, visitant des communautés ou plutôt fondant des communautés en Galatie, à Philippes, à Thessalonique, à Corinthe, etc. Il voyage ainsi en Asie Mineure, en Grèce, ira jusqu’à Rome.

Tout entier dévoué à son ministère d'itinérant, Paul demeurait rarement très longtemps dans les communautés qu'il avait fondées. Par contre, il écrira pour rester en contact avec ces communautés et poursuivre leur instruction.

Paul est ainsi le plus ancien des écrivains dont nous ayons conservé les écrits : des lettres.

Il écrit pour répondre aux questions des communautés chrétiennes, régler des différends, donner des recommandations éthiques, défendre et préciser la vérité de la foi nouvelle. De ces lettres, il subsiste quelques feuillets, entre 51 et 62/64 de notre ère.

° La première, et donc la plus ancienne, des lettres de Paul est l'Epître aux Thessaloniciens. C'est donc le plus vieux livre du Nouveau Testament, puisque les évangiles n'ont alors pas encore été écrits.

° Puis une lettre à l'Eglise de Corinthe, pour interpeller solennellement les frères qui s'entredéchirent. Elle contient le fameux chapitre 13 de I Corinthiens, un hymne à l'amour fraternel.

° Paul écrit ensuite plusieurs lettres qu'il confie à Timothée et à Tite, et qui se trouvent réunies dans la deuxième lettre aux Corinthiens.

° Suivent, au terme de son activité missionnaire en 56/57 depuis Rome, l'épître aux Romains dont l'intention est d'introduire une réflexion systématique sur la foi nouvelle,

° enfin celles aux Galates et aux Philippiens,

° et un dernier billet, à son ami Philémon.

 

Les autres lettres

A la fin de la période apostolique, la plupart des villes sont touchées par le christianisme.

Mais commencent alors les persécutions, et l'hostilité croissante entre la Synagogue et les chrétiens.

Des théologiens prennent alors la plume et rédigent des lettres pour exhorter leurs frères. Vers 80, paraît l'Epitre de Jacques qui, parce qu'elle ne contient que deux références à Jésus, fort discrètes d'ailleurs, sera considérée par certains comme un écrit juif ; et peu après c'est la première Lettre de Pierre qui est destinée à quelques communautés chrétiennes d'Asie Mineure, dont les membres sont en proie à la persécution de Domitien.

En réalité, il ne s'agit pas vraiment de lettres comme du temps de Paul, mais de brefs traités de doctrine et de morale chrétienne. C'est ainsi que paraît vers la fin du 1er siècle la première édition d'un ouvrage important, la Doctrine des Douze apôtres (non retenue dans le Nouveau Testament) appelée plus couramment la Dydachè, aux sources sans doute contemporaines des apôtres et plus anciennes que celles des évangiles.

Et vers le même moment, l'Epitre aux Hébreux.

En se réclamant de l’autorité de Paul et sous son nom, sont écrites sans doute par certains de ses disciples d’autres épitres : 2 Thessaloniciens, Timothée, Tite, Ephésiens, Colossiens.

 

Ces lettres rédigées au cours du dernier tiers du premier siècle tentent de formuler la doctrine chrétienne et d'exhorter les chrétiens à s'y conformer. Une tentative qui rebondira plus tard avec les conciles et les hérésies.

 

 

Les évangiles

Mais progressivement s’impose la question de savoir ce que Jésus lui-même aurait dit s'il avait été présent. Des recueils de paroles circulaient depuis longtemps. Mais rien de complet.

C'est alors qu'un auteur, présenté sous le nom de Marc, a l'idée géniale de mettre par écrit pour la première fois ce qu'il appelle l' « Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu ».

Evangile, c’est à dire ‘Bonne Nouvelle’ du salut que Dieu a offert aux hommes en envoyant Jésus, le Christ.

Jusqu'ici, la préoccupation avait été de tirer les conséquences de la venue du Christ plus que de le laisser parler lui-même. Alors, rassemblant toute la documentation disponible, cet auteur rédige la chronique du ministère de Jésus, à partir de Jean-Baptiste et jusqu’à Pâques. D'autres suivront.

Toutefois, il ne s'agit pas de raconter simplement ce que Jésus a fait et dit. L’objectif est d'annoncer l'Evangile aux membres d’une communauté, de les enseigner et de répondre à leurs questions. Ces auteurs sont convaincus qu'ils ne pourront mieux faire que redonner la parole à Jésus lui-même.

En fait, ils sont moins intéressés par ce que Jésus a exactement fait et dit, que par la portée de ses paroles pour leur communauté d’alors. D'où ce trait caractéristique de ces livres, qu'on appellera Evangiles dès le milieu du 2ème siècle, d’être des actes de foi et de prosélytisme plus que des documents proprement historiques. Chaque évangéliste rédigera son livre en utilisant au mieux les données traditionnelles tout en exprimant les convictions qu'il se fait de ce que Jésus veut dire aujourd'hui, dans la situation présente de sa communauté de référence.

 

° Marc est le premier à écrire. A Rome vers 64.

Marc avait sans doute des textes divers provenant de l'entourage de Pierre. Il n’est pas palestinien, et écrit pour des communautés pagano-chrétiennes. La foi, pour lui, n'est pas une certitude immuable mais la recherche patiente du Christ à travers les milles obstacles de la vie ; un Christ caché.

Et ce n'est que devant la croix que se reconnaît qui est vraiment Jésus.

 

° Matthieu écrit vers 80 / 85. En Syrie, ou Antioche ?Mais dans une communauté judéo-chrétienne.

Il a pour base le document de Marc, mais aussi un recueil de paroles de Jésus désigné sous le nom de ‘Logia’ (= les paroles), dite ‘source Q’, de l'allemand Quelle : source).

L'identité de Jésus n'est plus un secret comme chez Marc, c'est le Seigneur souverain qui a tout pouvoir au ciel et sur la terre, et annonce le Royaume de Dieu en train d’advenir.

Et pour permettre aux communautés d'assumer leur tâche d'éducation, Matthieu fait de son évangile une sorte de manuel pédagogique pour chrétiens.

 

° Luc rédige vers 85 / 90. Un chrétien de culture grecque.

Médecin semble-t-il, qui a un souci d'historien. Peut-être compagnon de Paul.

Il compose sur la base de l'Evangile de Marc et des Logia, dans une version un peu différente de celle de  Matthieu. Il a le souci de l'histoire du salut, et Jésus, à ses yeux, a été mandaté par Dieu pour accomplir les promesses de salut envers son peuple puis au delà.

Luc complétera son œuvre en rédigeant les Actes, second volume où il décrit l'expansion du Christianisme dans le monde, en particulier grâce à Paul. Il est persuadé que le Seigneur ressuscité continue d'être présent dans les communautés chrétiennes.

 

° Jean, vers 90/100, soit à Ephèse (Turquie), soit en Syrie (Antioche ?).

Au moment de la publication de l'Evangile de Jean, le conflit entre l'Eglise et le judaïsme est majeur. L'auteur se fonde sur différents documents, dont un recueil de « signes » afin de montrer que Jésus est le Fils descendu d'auprès du Père pour donner la vie au monde, le Messie. A ce recueil de signes, il ajoute les testaments spirituels que Jésus avait transmis aux apôtres : longs discours avant la croix, prière sacerdotale.

Cet Evangile de Jean sera composé progressivement avec des auteurs successifs dont les apports peuvent se déceler.

Le même auteur, ou plutôt l’école de pensée et de foi qu’il a probablement fondée à Ephèse (Jean est le plus mystique des évangélises, presque gnosticisant), ce qu’on appelle la tradition johannique, produira également les 3 épitres de Jean puis l’Apocalypse (‘Révélation’ en grec)

 

Ainsi le premier livre de la Bible, la Genèse, commence par la création du monde ; et le dernier, l’Apocalypse ou révélation, évoque la fin du monde et la victoire du Royaume de Dieu. Entre les deux se joue l'histoire du salut, l’histoire humaine, notre histoire...

 

 

Conclusion :

 

Les évangélistes n'ont pas voulu écrire une biographie de Jésus. Ils ont annoncé une Bonne Nouvelle à travers des épisodes de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ.

Leurs auteurs n’imaginaient pas que ces livres seraient étudiés plus tard dans le monde entier. Ce sont des proclamations et des enseignements destinés à des communautés précises, qui étaient confrontées à des problèmes particuliers de leur époque.

Progressivement ces écrits ont circulé dans les différentes Eglises, et un consensus s'est dégagé pour leur reconnaître une autorité en matière de foi. Les critères évoqués furent l’ancienneté et l’apostolicité (écrits par les apôtres eux-mêmes). Les critères réels furent à la fois plus subjectifs (leur authenticité reconnue par le plus grand nombre, en raison de leur force de conviction intérieure), et malgré tout objectifs (leur résistance aux théologies divergentes, indice de leur antériorité).

D'autres Evangiles ont été écrits (Thomas, Marie…), d’autres épîtres également, mais leur insistance sur le merveilleux ou leur caractère polémique ou gnosticisant, ne les feront pas retenir dans le canon du Nouveau Testament. Un canon qui  ne s’est fixé que très progressivement et dans la douleur, certains livres en ayant été retirés après y avoir figuré, d’autres n’y étant entrés que tardivement.

L’ultime fixation date des alentours de l’an 400 : très tard.

 

Total :

               4 Evangiles

               1 Actes

               21 Lettres

               1 Apocalypse « Révélation »

                                                                         Soit   27 Livres dans le Nouveau Testament.

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