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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:54

 

Imaginez un studio, avec une belle pièce et trois fenêtres.

Sur l'arrière, un jardin, beau, calme, avec de grands arbres, du vert et des fleurs.

Devant : une rue passante ; des voitures, des vélos, des piétons, des bus, des motos, des rollers, des magasins, des gens font leurs courses, flânent, s’embrassent, se hâtent...

De côté : un chantier ; des grues, des machines, des ouvriers, des bruits, du mouvement.

Quand on se trouve dans la pièce, on a tendance à regarder la rue : elle est toujours différente et toujours la même ; c'est la vie qui coule, qui vit ; cela distrait et donne envie, quand on voit un homme ou une femme élégante, on voudrait être comme eux ou les rencontrer, les boutiques de sport, de téléphones, de fringues ou de boulangerie nous font de l’œil…

Mais régulièrement on est attiré par le chantier, dérangé, interrompu par les sirènes, les machines, le vacarme, les cris... Cela stresse, perturbe, remplit la tête et fatigue.

 

Quand on prie, c'est pareil :

on demande à être libéré du bruit et du mouvement du chantier, de tout ce qui pèse, nous stresse, fait pression et nous perturbe ;

et on demande tout ce dont la rue donne envie : les objets, les personnes, la vie ;

et on ne regarde guère le jardin pour goûter sa beauté et son calme, le repos.

 

Bref, on demande le pardon,

on demande tout court,

et on ne pense pas à dire merci.

 

Alors voilà le conseil pour la prière :

regarder d'abord, commencer toujours par regarder la fenêtre du jardin, qui est beau, et dire merci. Merci pour tout ce qui est beau et tout ce qui va bien. Merci de vivre, d'aller bien soi-même, d'avoir de la chance d'être ce qu'on est, d'avoir des amis, une famille – même si des fois elle pose aussi des problèmes ou des agacements – des bons moments, des succès et même des baffes qui nous font grandir ; merci d'avoir des gens qui nous estiment et même nous aiment.

Dire merci parce que cela change notre regard sur nous et notre vie, nous remet en paix, en reconnaissance, disponible et accueillant pour le reste.

Ensuite, cœur et esprit plus en paix, on peut plus facilement présenter et déposer les bruits et les vacarmes, les agressions et les pressions, les doutes et les regrets, et ils se dissipent ; on en est soulagé, pardonné

Alors on n'a même plus besoin de demander les choses de la rue, de la vie courante. Il suffit juste de les confier à Dieu, qui saura nous y guider, nous donner le nécessaire et s'en occuper, et nous passer facilement du reste....

 

Et après... Après on pourra même sortir dans la rue, tranquillement, sûr de la vie, et on pourra y agir, y être utile et même y être aimé.

Parce qu'on sera prêt à ne pas vivre enfermé par son propre stress, ses inquiétudes et ses envies ;

parce qu'on aura toujours d'abord envie de dire merci, merci pour sa vie,

et qu'on aura envie de se mettre au service de la vie, au service de Dieu, de son grand projet pour la vie et pour notre vie. Envie de se mettre à l'écoute de ce que Dieu nous demande, et qui sera toujours infiniment mieux que ce que nous aurions pu imaginer et vouloir pour nous-mêmes...

 

Conclusion :

Toujours regarder d'abord par la fenêtre qui donne sur le jardin, en respirer l'air à pleins poumons, pour s'engager, avec force et confiance, dans la vie, son i-pad branché sur l'amour de Dieu et son appel...

 

Et la Sainte Cène, là-dedans ?

C'est la table au milieu du jardin, le jardin de la foi, celui que l'on voit par la troisième fenêtre.

C'est la table où l'on vient redire merci, manger le pain du Christ et boire à la coupe de Dieu les fruits du jardin de la foi.

C'est la table où l'on vient, ensemble et différents, recevoir et renouveler ensemble ce feu intérieur, l'Esprit de Dieu, qui nous rassure, nous éclaire, nous accompagne toujours et nous fait kiffer la vie !

 

J.P. Morley

Culte des premières communions, samedi 9 juin 2012

 

Lecture : Luc 12 : 22-31

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