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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 18:28

Marie de Magdala

 

Mots clefs : grâce-gratuité, foi

 

       Marie de Magdala. Celle que Jésus ressuscité appelle par son prénom. Juste par son prénom. Et qui croit : le crucifié est vivant. Elle ne se demande pas comment, il est simplement là, devant elle, c'est tout. Et c'est... tout !

            Mais qui est cette Marie de Magdala, la toute première personne à qui Jésus ressuscité adresse la parole ? Un personnage méconnu de la tradition, d'accord, mais pas marginal. Au contraire, c'est un personnage vraiment surprenant, plusieurs fois cité dans les quatre Evangiles.

            D'abord, elle ne s'appelle pas Marie-Madeleine. Magdala, c'est le nom de son village. Marie de Magdala, ce n’est pas comme Marie-Chantal, ce serait comme Marie de Pentemont, de Luxembourg, ou de Montpellier.

            Ensuite... elle a un rôle extraordinaire, unique, privilégié.

Qui est-elle donc ? Au départ, une malheureuse. Sept esprits mauvais l'habitent et la possèdent ; sept, c'est beaucoup. Cela veut dire des esprits physiques, qui l'affrontent dans son corps ; cela veut dire des esprits mentaux, qui la rendent à moitié folle ; et cela veut dire des esprits moraux, qui la font vivre de façon honteuse et rejetée par la majorité... Certains ont même voulu croire que c'était la femme qui a versé du parfum sur les pieds de Jésus et les a essuyés avec ses cheveux. Ses cheveux ? Longs et libres, donc ? Alors, à l'époque, c'était en plus une prostituée !

       Oui, au début, Marie de Magdala était mal partie. Et puis elle a rencontré Jésus. Et Jésus ne l'a pas jugée. Ou plutôt, Jésus a su que, malgré les apparences, malgré sa vie cabossée, malgré son indignité, elle valait beaucoup mieux que cela. Il a cru en elle. Il lui a parlé. Il lui a sans doute imposé les mains. Et c'est comme si elle était née de nouveau, à une vie nouvelle. Il a cru en elle. Et elle a cru en lui, le Fils de Dieu, sans savoir encore que c'était le Fils de Dieu.

            Et après ? Après, elle est devenue une actrice centrale de l'Evangile, totalement discrète, modeste et méconnue, mais centrale. D'abord, elle est entrée dans le groupe des disciples qui suivaient et même servaient Jésus. Il y avait bien sûr les douze compagnons de Jésus, les disciples, mais aussi plusieurs femmes, tout aussi croyantes, tout aussi confiantes, tout aussi engagées. Tout aussi disciples. Peut-être qu'elles étaient également présentes au dernier repas, la première Sainte Cène, la première communion.

Ensuite, à partir de l'arrestation et de la condamnation de Jésus, c'est tout simplement elle qui, à part Jésus, est le personnage principal et l'actrice capitale de l'après-croix.

            Ecoutez seulement.

       Elle est là, au pied de la croix de Jésus, alors que tous les disciples hommes se sont débandés, sauf Jean. Elle est encore là à la mise au tombeau de Jésus, seule avec une autre Marie. Le surlendemain, après le sabbat, elle emmène avec elle cette autre Marie et une troisième femme, Salomé, pour embaumer le corps de Jésus.

            C'est à elles, et elles seules, qu'un ange apparaît, et annonce la résurrection. Et c'est à Marie de Magdala, et elle seule, que Jésus lui-même apparaît, vivant, pour la première fois. Quel honneur ! C'est alors elle qui prévient les disciples, et elle seule suit Pierre et Jean qui montent au tombeau. Elle les voit hésiter, entrer, y croire à moitié. Elle, elle reste là et elle est la première à qui Jésus adresse la parole, directement, pour l'appeler par son nom, « Marie ». Et elle sera enfin la première à annoncer la résurrection aux autres disciples : elle est le témoin privilégié. Le premier apôtre. La première évangéliste. La première missionnaire. Chaque fois, c'est elle qui est là et agit. Et c'est la seule. Et c'est elle qui a montré le chemin de la foi aux apôtres. Elle. Marie de Magdala, la modeste. C'est elle le fil qui relie tous ces événements côté humain, c’est elle le pivot, l'actrice discrète mais nécessaire de l'après-croix du Christ. Elle, celle qui était possédée de sept démons, peut-être rejetée, certainement jugée, est devenue le centre des événements de la résurrection. La première à être ressuscitée avec le Christ. Parce qu'elle a cru, simplement accepté de croire quand Jésus l'a appelée par son nom, sa vie a changé.

 

Alors, vous n'avez pas besoin d'être possédés par sept démons, ni quatorze, ni quatre – mais on en a toujours un ou deux petits, pas vrai ? Vous n'avez pas besoin d'en avoir sept, mais depuis ces années que vous cheminez au catéchisme, vous avez, la plupart d'entre vous, accepté de faire ce saut, accepté d'ouvrir une porte, accepté d'entrer dans la foi chrétienne, accepté de croire, comme cette Marie de Magdala, même si c'est encore parfois un peu à tâtons, accepté de dire « Oui, Jésus est le Christ, mon Christ ». C'est ce que vous allez confirmer maintenant, publiquement, en traversant l'eau de votre baptême... et cela nous émerveille !

 

Mais je voudrais revenir sur cette dernière scène, la rencontre du ressuscité.

Essayons de bien l'imaginer. Le dimanche matin, Marie de Magdala est montée rendre les derniers hommages à l'homme en qui elle avait cru. Mais la pierre est roulée, le corps n'est plus là. Affolée, elle court, elle descend prévenir les disciples ; Pierre et Jean montent devant elle, voient le tombeau vide, ils croient plus ou moins, mais ils rentrent chez eux. Elle, elle reste là. Et elle pleure. Elle tourne la tête encore une fois vers le tombeau...si jamais elle s'était trompée, si on avait mal regardé, s'il était là quand même, dans un coin. Et elle voit deux hommes, lumineux. « Pourquoi pleures-tu ? », demandent-ils.

Pourquoi elle pleure ? On a volé le corps de cet homme qui avait cru en elle, qui l'avait rendue à une vie normale, dont les paroles rendaient vivant, cet homme en lequel elle avait cru et qui a été tué d'une façon incompréhensible, et elle ne peut même pas lui rendre les derniers honneurs. Et elle ne pleurerait pas ?

Elle se retourne encore, et voit Jésus. Elle ne le reconnaît pas, de toute façon il est mort, elle le prend pour un jardinier. « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le reprendre. » Jésus ne répond pas. Mais il l'appelle juste par son prénom, un simple prénom : « Marie ». Et parce qu'elle a été appelée par son prénom, elle, par son prénom, elle le reconnaît, elle comprend, c'est lui, Jésus, il est vivant ; elle ne sait pas comment, mais il est vivant, il était mort, elle l'a vu, mais il est là, vivant. Elle aussi ne dit qu'un mot « Rabbouni », « maître » et cela suffit. Elle veut le retenir, le garder pour elle, pour eux tous, mais il parle, et elle comprend qu'il ne faut pas. Alors elle redescend, elle n'a plus besoin de courir, elle est en paix, et elle annonce, la première, que Jésus, le crucifié, est vivant : elle l'a vu !

 

          Alors je voudrais m'adresser à vous, à chacun, en particulier si vous avez des doutes ou des questions, si vous n'êtes pas vraiment sûr de croire en Dieu ou de croire comme il faut...

            Je voudrais vous dire d'écouter. Pas moi. Mais d'écouter : Dieu vous appelle par votre prénom. Il vous attend. Il vous espère. Ecoutez, en vous-même, dans le silence de votre esprit. Ecoutez si Dieu n'est pas en train de vous appeler par votre prénom, et de vous dire : « Je t'aime. Je te connais bien et je crois en toi. Je voudrais faire de belles choses avec toi, te faire encore vivre de belles choses, être ton compagnon secret pour toute ta vie ; ne crois pas que tu n'as pas besoin de moi ; tu sais, je peux donner de la confiance, de la paix, de vrais conseils, de la force et du courage, de l'assurance, de la joie, beaucoup de joie, et ma lumière pour voir clair... »

            Ecoutez-le, en silence, dans votre esprit, ou votre cœur, Il est en train de vous dire cela, de vous attendre et de vous espérer, chacun, chacune ; Il est en train de vous appeler, chacun, chacune, par son prénom. Il suffit de répondre d'un mot « Rabbouni », maître. Ne fermez pas la porte, c'est quelqu'un qui vous aime !

                                               Et ce quelqu'un, c'est Dieu…

 

Amen

 

J.P. Morley

Cultes du 12 juin 2011 (Confirmations)

 

Lecture :  Luc 8 : 1-3

 

 


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