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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:14

C'est une femme indépendante.

Libre de pensée : elle a bien sûr reçu la culture religieuse de son peuple, les Samaritains, mais elle n'a pas trop la foi.

Libre aussi de comportement : elle mène sa vie comme elle l'entend, elle a eu plusieurs compagnons, affichés ou non. Et tant pis pour le ‘qu’en dira-t-on’.

Mais quand on est indépendante, cela se paye souvent : elle est mal regardée, mal intégrée, rejetée par les gens bien-pensants et raisonnables.

Alors, elle vient seule au puits chercher son eau, à midi quand il fait chaud, à l'heure où personne d'autre, aucune autre femme, n'y vient aussi : elle vient à midi pour éviter les regards qui jugent et les remarques sournoises...

Et ce jour-là, au bord du puits, un homme, seul, un Juif, qui attend, au soleil. Et qui lui adresse la parole. Cela ne se fait pas. Et qui lui demande à boire. Cela ne se fait pas non plus, encore moins.

Pas entre étrangers. Pas entre homme et femme. Pas entre Juifs et Samaritains.

Mais un homme qui ne la rejette pas parce qu'elle est Samaritaine, ou parce qu'elle est seule ; qui ne la regarde pas avec méfiance ou mépris, sans pour autant chercher à profiter d'elle ou de la situation.

Un homme qui semble aussi indépendant qu'elle, puisqu'il lui parle librement, sans se soucier des codes et des conventions.

La femme est d'abord hostile, méfiante.

Mais l'homme lui parle d'elle, de sa vie, qu'il devine sans lui poser de questions, qu'il ne juge pas, ni ne condamne. Mais il lui dit, et elle le sait bien, que sa vie pourrait être plus juste, plus épanouie, plus heureuse, plus lumineuse. Et cette femme est touchée. C'est vrai. Sa vie est libre, indépendante, c'est la sienne. Mais elle n'est pas vraiment satisfaisante, ni heureuse, ni lumineuse.

L'homme poursuit. Il lui parle de religion – c'est banal à l'époque. Mais il la place à un autre niveau : il lui parle plutôt de foi, l'élève au delà des rites, des croyances ou des traditions ; il lui parle de la vie qui peut couler en nous, nous purifier, nous faire changer de dimension, nous brancher sur l'essentiel. Sur une vie qui a une raison d'être, illuminée de l'intérieur, sûre d'elle et qui rayonne au delà...

La femme était venue au puits pour prendre de l'eau ; il lui en faut, pour sa vie.

Mais c'est elle qui a donné, à un inconnu.

Et elle a trouvé une autre eau, qu'elle n'aurait jamais imaginée. Elle a trouvé quelqu'un, qui bouscule ses certitudes et ses résignations, et lui ouvre l’horizon.

Alors elle fait ce saut extraordinaire. Soudain elle a une intuition : cet homme-là parle de la part de Dieu, est envoyé par Dieu, et elle ne repousse pas cette intuition – non ce n'est pas possible, cela n'existe pas, et sûrement pas pour moi, aujourd'hui, comme cela ! Elle ne verrouille pas son intuition, elle la laisse entrer, l'envahir, exploser, et tout à coup elle n'écoute plus, elle laisse là sa cruche, elle a trouvé une meilleure eau, elle court annoncer la nouvelle au village : le Messie est là !

… Et... le village l'écoute. Elle, la marginale, la rejetée, la différente, la mal jugée ! On lui fait confiance, et tout le village va à la rencontre de cet homme-Messie.

Elle est tout simplement ré-insérée, elle trouve une place, une autre place, sa place, celle de celle qui apporte de bonnes nouvelles, qui donne une eau qu'on n'a jamais bue, qui propose une eau qui assouvit toute soif, toute vie...

Ce puits où elle est venue, il est là, figuré sans prétention par ce mini-bassin.

Alors laissez aller, laisser faire. Il symbolise cette eau qui vous est offerte. Prenez le temps de le traverser et de dire :

« Oui. Cette eau, cette foi qui me branche sur la vie, sur l'éternité, sur le monde, sur Dieu, je la veux, elle est pour moi.

Et, toute votre vie, vous porterez du fruit.

Culte des confirmations, 9 juin 2013

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commentaires

InHonnorOf 09/11/2013 20:49

Très intéressante cette histoire de la Samaritaine et comment vous l'avez apportée.

Au plaisir et merci.