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Nous ne pourrons plus dire le Notre Père ensemble, catholiques et protestants. Rome vient d’en modifier officiellement une phrase, pour sa liturgie. Or le texte nous était commun depuis 1966 (fin du Concile Vatican II). Modification après 17 ans de réflexion, paraît-il, mais à ma connaissance sans aucune concertation avec les partenaires de 1966, protestants ou orthodoxes.

Quel changement ? Le grec, le Nouveau Testament, dit : « Ne nous conduit pas vers l’épreuve » ; la traduction commune disait : « Ne nous soumets pas à la tentation » ; et la nouvelle traduction catholique impose : « Ne nous laisses pas entrer en tentation ». Le Vatican, pour des raisons ‘pastorales’ accepte donc de dégrader le sens fortement spirituel de la prière de Jésus, pour le réduire à une simple question de morale. La tentation (on imagine sexe, argent, vanité…) devenant simplement une faute morale à éviter. Mais Jésus dit tout autre chose : que c’est bien Dieu qui nous conduit dans l’épreuve. Pourquoi ? Pour nous permettre d’aimer notre prochain. Parce que si nous ne traversons jamais d’épreuves, nous ne pouvons pas comprendre les souffrances d’autrui, et faute de pouvoir sympathiser, connaître et ressentir nous-mêmes ce qu’il traverse, nous ne pouvons comprendre ce prochain – ni l’aimer. Simplement, nous demandons à Dieu que cette épreuve ne nous brise pas…

Cette demande d’une force étonnante – comme tout le Notre Père – est ici réduite à une pauvre morale. Et nous ne pourrons pas suivre : toute interprétation de l’Ecriture est toujours possible, mais en changer le texte lui-même n’est pas honnête.

Euphémisation de l’Evangile, accent sur une morale banale, désinvolture envers les partenaires œcuméniques… Le Pape François aurait-il plusieurs visages ?

Jean-paul Morley, auteur de « Dire Notre Père ».

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