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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 12:03

 

C'est sur les sentiers de Galilée, il y a neuf ans, à l'occasion d'une marche biblique organisée par l’Église Protestante de Pentemont-Luxembourg, que j'ai fait la connaissance d'Ariane Fournier. Une femme que je ne peux voir encore aujourd'hui que comme une jeune femme, belle, intelligente, généreuse, élégante, joyeuse et chaleureuse, enthousiaste et musicienne aussi.

Au retour de cette marche spirituelle, que j'avais animée en tant que pasteur, elle vient me voir et me dire que cette semaine l'avait fait réfléchir, rapprocher de la foi, et qu'elle aimerait se rendre utile à l’Église.

« Que pourrais-je faire ? » me demande-t-elle.

- Que sais-tu, qu'aimes-tu, que voudrais-tu faire ?

- De la communication, c'était mon métier. Et pourquoi pas créer un Prix de Cinéma Protestant ? Je suis passionnée de cinéma, je connais du monde dans ce milieu, et aussi des journalistes... »

 

Tope-là. On se lance. Et naît le Prix du Cinéma de l'Auditoire, aujourd'hui de l'Atelier Protestant. Avec de vieux amis et de bonnes relations d'Ariane ; et une poignée de cinéphiles de la paroisse, d'ailleurs toutes féminines.

L'idée de base qui était la nôtre, à Ariane et moi, était de créer un prix vraiment protestant, c'est-à-dire pas du tout religieux, mais exprimant la conviction centrale de la foi protestante : que rien, ni personne, n'est jamais perdu, que la fatalité n'est jamais irrémédiable, et que quelque chose comme une grâce, un changement, un renversement de l'histoire ou du destin, une rupture, une issue inespérée, en quelque sorte une rédemption ou un salut, était toujours possible.

Bref, nous voulions couronner des films à la fois réalistes et qui donnaient de l'espoir, desquels on repartait plus forts, plus heureux, plus optimistes et même plus engagés. Un peu comme Ariane après cette marche biblique… Et ce sont bien de tels films qui ont ainsi été couronnés, tels que Je suis heureux que ma mère soit vivante, Binda Bilili, Et maintenant, on va où ? ou Les saphirs

 

Aujourd'hui, plusieurs années ont passé, et la sélection du Prix de l'Atelier Protestant a un peu évolué, d'une façon peut-être plus en phase avec l'époque, plus inquiète, plus désespérée. Et cette nouvelle orientation propose toujours de beaux films, mais peut-être offrant moins de l'espoir que soulignant la difficulté, parfois la désespérance de notre temps... Un peu comme le film primé cette année (Chala, une enfance urbaine), où la situation de chacun des personnages est pire à la fin qu'au début. Mais en réalité, notre temps est-il tellement désespéré ?

 

Entre temps, aussi, Ariane Fournier, a eu la très mauvaise idée de nous quitter beaucoup trop tôt. Elle avait rêvé de faire du Prix du Cinéma Protestant un grand Prix, médiatique, reconnu, différent, capable de donner un surplus d'élan à ces films utiles parce que pleins d'espoir. Mais la maladie l'a rattrapée, la diminuée, si tristement pour ses amis ; sa présence au Jury du Prix n'était  plus qu'une ombre d'elle-même. Puis elle n'est plus venue, et maintenant elle n'est plus là, pour toujours.

Une grande amie que nous avons perdue ; une personne lumineuse, toujours positive, chaleureuse, sans aucune prétention, mais pleine d'espoir ou d'ambition pour ceux qu'elle aimait et pour ce en quoi elle croyait. Elle n'est plus là, elle n'est pas là ce soir, elle ne sera plus jamais là. Sauf dans nos cœurs, bien sûr. Et elle nous a laissé ce cher Prix de Cinéma de l'Auditoire-Atelier Protestant. Pour cela, et pour elle, merci.

 

Remise du Prix de l’Auditoire 2016

Cinéma Studio Médicis, Paris, 22 janvier 2017

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 17:11

Nice, Munich… Il est peut-être temps de comprendre, et surtout dire, que cette violence sauvage ne vient pas d’ailleurs, de l’extérieur, de l’étranger, mais de l’intérieur. De chez nous. C’est nous qui lui donnons naissance, la couvons, la créons. Comment ? On le sait : par la difficulté à trouver sa place dans la vie, partout dans le monde et y compris en Europe, alors que l’inégalité s'accroît entre milieux riches de plus en plus riches, et milieux pauvres et précaires, de plus en plus précaires et de moindre en moindre avenir. La majorité des assassins fous ne viennent pas de l’étranger, Moyen Orient ou autres, ils sont souvent nés et ont grandi parmi nous. Ce sont des franco-, des belgo-, des germano- quelque chose, c'est-à-dire des personnes issues des groupes auxquels nous faisons le moins de place. Et, en majorité, des convertis. La propagande de Daech, terriblement efficace, ne sert que de justification idéologique et identitaire à ces gestes fous.

L’appel aux Etats d’assurer une protection absolue à leur population a donc quelque chose d’enfantin et de vain. Que ce soit en France, en Allemagne ou même en Turquie – pays tenu d’une main sans pitié, où les attentats sont pourtant plus fréquents qu’ici – aucune société n’empêchera ses enfants rendus furieux de se tuer en tuant les autres.…

Quelle issue alors ? Sûrement pas la guerre, mais, au niveau mondial comme national, de mettre fin au cynisme économique et social qui nous pourrit de l’intérieur. Jésus appelait cela le Royaume de Dieu, c’est un peu haut pour nous, mais il nous invitait simplement à déjà commencer…

Jean-paul Morley

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 16:52

On pourrait écrire cela pour quelqu’un dont la vie n’a pas été reluisante. Peut-on, ou même doit-on, le dire aussi pour quelqu’un dont la vie a été exemplaire ?

Prenons Michel Rocard. Depuis son apparition avec le PSU, j’ai toujours eu, comme beaucoup d’autres, le plus grand respect, une fidélité et une vraie admiration envers lui. Pour ce que tous reconnaissent : intelligence, vision, volonté, cohérence, droiture, honnêteté. Et sa simplicité, pour l’avoir rencontré en certaines occasions.

A son actif, bien sûr, tous ses succès : décentralisation, RMI, intégration – il y tenait – des catholiques de gauche à la gauche socialiste, déblocage de l’économie sociale, inoubliable mission en Nouvelle Calédonie, crédibilisation d’une culture de gauche réaliste, incroyable et inaltérable popularité. Mais aussi ses insuccès et l’opposition constante qu’il aura dû affronter toute sa vie politique au sein même de la gauche. Elle lui aura coûté cher. Et puis encore ses regrets et ses justifications a posteriori.

Un beau parcours. Et tout cela, Dieu l’a vu, Dieu l’a su, Dieu l’a mesuré, Dieu en garde le meilleur avec joie et en console le plus amer. De même pour tout ce qu’il a donné et aimé autour de lui.

Mais, au moment où presse et politiques tentent un bilan, élogieux, de cette vie peu commune, peut-on pourtant se souvenir que ce n’est pas cet enviable bilan qui ultimement justifie ni n’entre en compte dans le jugement du Très Haut. Parce que ce jugement du Très Haut ne s’appelle jamais que pardon, et n’a d’autre conclusion qu’une justification, quels que soit le bien ou le moins bien qu’on ait vécu. Devant Dieu, pas d’angoisse de l’élection, ni de sondages ou d’aléas de popularité, ni d’amertume ou d’humiliation de la défaite, ni d’ivresse de la victoire, parce que nous sommes tous élus à ses yeux. Nous sommes, nous les mauvais, mais aussi les exemplaires, rendus justes par sa souveraine décision, parce qu’Il le veut, parce que, tout simplement, Il nous aime tous et nous justifie chacun, quels que soient nos succès, peut-être grands, peut-être moins grands, et quels que soient nos échecs et même nos fautes, et même parfois nos mauvais coups, mais aussi nos exploits.

Car chacun de nous, toi, lui, moi, est déjà élu. Par Dieu.

Jean-paul Morley

29 juin 2016

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 11:36

Étonnant quand même : nous voici avec deux femmes dirigeant les deux plus importants pays d'Europe (population, PNB...), et toutes les deux filles de pasteurs, Merkel et May.

Les tentatives d'explications sont ouvertes...!

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 17:13

Je suis heureux, fier et ému : la Ville a posé une plaque en souvenir de la St Barthélémy sous la statue d'Henri IV, face au square du 'Vert galant', sur le Pont neuf (Ile de la Cité).

En prime, un excellent discours d'Anne Hidalgo...

Fier et ému...
Fier et ému...
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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 16:17

Allez voir Spotligth, le film. Il montre comment, à partir d’un fait divers, des journalistes découvrent en 2002 l’ampleur des viols d’enfants par des prêtres, systématiquement couverts par leur hiérarchie. Cet épisode a révélé le phénomène. Il concernerait environ 6% des prêtres dans le monde ; des centaines de milliers d’enfants traumatisés à vie, jusqu’au suicide.

Comment est-ce possible ? On dénoncera célibat ou chasteté imposés aux religieux. C’est vrai. Mais cela ne suffit pas. On dénoncera l’approche culpabilisante de la sexualité par l’Eglise catholique, c’est vrai. Mais cela ne suffit pas. On dénoncera une institution dont tous les représentants sont toujours en position d’autorité et de surplomb sur les hommes, les femmes. Et les enfants. C’est vrai, mais cela ne suffit pas. On dénoncera une Eglise dont l’institution est exclusivement composée d’hommes, solidaires dans leur vision des femmes et des enfants. C’est vrai. Mais cela ne suffit pas. On dénoncera le secret, l’impunité interne et l’hypocrisie auxquels tout cela conduit. C’est vrai. Mais cela ne suffit pas. Il faudra bien en arriver à dénoncer le système institutionnel et théologique du catholicisme, aux conséquences parfois dramatiques. Car la question n’est pas simplement celle d’une minorité de brebis galeuses – il y en a partout – à côté d’une majorité de prêtres sincères et dévoués. C’est celle du système qui a permis le silence et repose sur les fondements théologiques et ecclésiologiques du catholicisme. Ce ne sont pas des hommes qui sont coupables. Pas seulement. C’est un système. Reconnaissons et admirons le changement d’attitude du précédent pape et surtout de l’actuel, qui ont décidé d’arrêter l’impunité, de parler et d’agir. Mais c’est le système (sexisme, culpabilité du plaisir, surplomb, hiérarchie, secret…) qui a besoin d’être transformé, pas seulement des individus qui doivent être stigmatisés et punis. Beaucoup de fidèles catholiques attendent avec impatience cette transformation. L’agitation autour du Cardinal Barbarin, sur laquelle je ne me prononce pas, en illustre encore la difficulté.

A l’approche de 2017 et du 500e anniversaire des thèses de Luther, on nous dit légitime d’inviter des représentants officiels du catholicisme, sans même suggérer à l’Eglise romaine de lever l’excommunication de Luther. Bien sûr, cette excommunication, 5 siècles plus tard, on s’en moque. Bien sûr, nous sommes frères en Christ, en foi et en prière. Mais la question est de savoir si nous avons le droit, ou même le devoir, de questionner ces frères catholiques. De nous parler avec vérité, au nom de l’Evangile qui nous est commun, et cet Evangile en mains. Et de parler, en tant qu’Eglises sœurs, de ce qui, chez eux, cause encore des souffrances et donc pose question à tous les croyants. Comme nous leur serons reconnaissants de ce qu’ils ont eux-mêmes à nous dire ou nous avertir.

Parce que si nous ne le faisons pas, nous sommes complices. Nous couvrons des frères en foi, au même titre que la hiérarchie qui a couvert ces horreurs. Nous devenons complices de ces prêtres perdus et de ces prélats ‘couvreurs’. Est-ce que l’œcuménisme nécessite la complicité ? Ou doit-il permettre des paroles fraternelles mais vraies ? Parce que c’est bien un système institutionnel et une théologie qui pèchent ?

Personnellement, si je me taisais, je me saurais complice, et je mourrais de honte.

Article publié, un peu abrégé, dans Réforme du 25/2/2016

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 16:25

2017 : avec les catholiques ?

Mea culpa : j’avais peu de confiance en ce nouveau pape, François, réputé conservateur voire réactionnaire ; et encore moins en la capacité de la Curie d’accepter de vraies réformes. Puis, voyant ses initiatives, j’avais considéré le nouveau pape comme très habile dans l’affichage et la communication. Mais je l’attendais sur trois points : accepter l’intercommunion, autoriser mariage des prêtres et femmes prêtres, renoncer à son pouvoir personnel.

Et voici que nous avons un pape magnifique ! Et probablement historique – s’il ne lui arrive rien. Et déjà habile, se s’être d’abord montré populaire en vivant l’Evangile à travers des gestes symboliques, puis en renouvelant – et même nettoyant – son entourage, en particulier financier, pour ensuite s’attaquer à ce qui plombe le catholicisme mondial, et à travers lui l’image de la foi chrétienne. Sur deux fronts : la rigidité morale de l’Eglise officielle, et le conservatisme de la vieille curie. Avec habilité : commencer par consulter le peuple catholique, beaucoup plus ouvert que la hiérarchie, afin de convaincre la Curie, prise entre le peuple et le pape, d’assouplir les règles morales de l’Eglise (récent synode sur la famille). Puis critiquer publiquement cette Curie pour la contraindre à accepter le changement (récents vœux à la Curie). Un stupéfiant courage pour une belle leçon de politique et une vraie leçon d’Evangile !

Oui, je m’étais trompé, mea culpa. Si ce pape François réussit dans son projet, il aura mérité de s’appeler François comme François d’Assise, celui qui voulait reconstruire l’Eglise…

Or une question nous est posée : devons-nous inviter des représentants officiels de l’Eglise catholique aux célébrations des 500 ans de Luther et de ses 95 thèses?

A priori, on le souhaiterait volontiers. Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l’EPUdF, le souhaite s’il s’agit de fêter ensemble l’Evangile. Mais il ajoutait prudemment que l’œcuménisme ne doit pas « amoindrir les différences des divers courants chrétiens ». Comment ne pas s’associer à sa prudence ? Les 95 thèses furent une protestation de Luther face à l’Eglise catholique de son temps, à son égarement théologique et à la corruption de son clergé. Protestation qui lui valut d’être excommunié par cette Eglise. Et d’être brûlé ou assassiné s’il n’avait été protégé par le Prince de Saxe. Or, aujourd’hui, si le Vatican a reconnu voici quelques années que Luther avait théologiquement raison, il n’a toujours pas levé l’excommunication de ce moine rebelle. Rappelons que l’excommunication signifierait, si elle en avait le pouvoir, que Luther serait toujours en train de brûler en enfer…

Alors évitons peut-être un piège : célébrer ensemble cet anniversaire ? Avec joie et reconnaissance ! Mais à la condition bien sûr d’un geste significatif du Vatican à l’endroit de Luther et de ses disciples. Ce pape étonnant y est sans doute prêt. Car sinon ce serait accréditer cette idée, souvent défendue par les catholiques, et en prendre acte, que ‘nous sommes maintenant tous pareils’ et ‘qu’il n’existe plus de différences que de forme, non de foi’… Une célébration ‘œcuménique’ de ce 500e anniversaire pourrait alors apparaître comme un jeu de dupes, permettant une récupération catholique de l’événement. Il nierait ainsi la différence entre nos deux confessions. Et donc oublierait nos vraies différences. Car, dans ce que Luther puis Calvin, revivant le combat de Jésus contre les scribes et les pharisiens, dénonçaient, ne reste-t-il rien, hélas, de vivace ? Si le culte à Marie n’est pas très grave, n’avons-nous vraiment rien à dire ou à opposer au refus de communier auquel se heurtent les divorcés catholiques ? Nous venons de voir à quelles difficultés et à quelles résistances se heurte le Pape François pour atténuer cette cruauté… N’avons-nous rien à dire non plus sur le fonctionnement de l’autorité dans l’Eglise catholique, sa censure théologique, ses postures morales (divorce, contraception, avortement…), son refus de la prêtrise féminine, son opacité, sa théologie toujours axée sur l’effort, ou sa revendication d’universalité ? Le pape lui-même vient de montrer à quelles résistances il se heurte, à travers les « quinze maladies spirituelles » reprochées aux prélats de Rome…

Il semble donc, pour que la célébration de ce 500e anniversaire puisse réunir tous les chrétiens sans jeu de dupes, qu’un geste solennel devrait être accompli par le Vatican. Au minimum : que l’excommunication de Martin Luther soit levée, et que l’intercommunion entre Eglises chrétiennes soit enfin acceptée comme évidente et naturelle. Cela semble de simple bon sens. Car hors de telles conditions, comment célébrer ensemble le 500e anniversaire… des virulentes thèses de Luther ? Conditions auxquelles il nous faut en ajouter deux autres, de notre côté : d’abord, pendant ces célébrations, ne pas passer sous silence les désaccords qui persistent encore ; ensuite, prendre nous-mêmes exemple sur le l’étonnant courage de ce pape…

Ce pourrait être une très belle occasion, pour le Vatican, de faire un pas historique vers un véritable œcuménisme. Un pas auquel l’immense majorité du peuple catholique de France est déjà prêt, et que, sans doute, au fond du cœur, une grande partie du clergé a déjà franchi. Le Pape François en est certainement lui-même convaincu. Ne vient-il pas déjà, en demandant aux cardinaux d’«être ‘humains’ » et de soigner leurs ‘maladies spirituelles’, de donner raison à Luther, quand il nous disait tous égaux devant Dieu par le baptême ? Un vrai protestant, ce pape ! Qui a déjà montré son courage et sa détermination.

Un tel geste marquerait son pontificat.

Pouvons-nous espérer ?

(Paru dans Réforme février 2012)

 
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 16:02

Une bizarrerie ? Un rêve ? Un saut difficile ?

Parfois on se dit : « J’ai du mal à y croire, mais cela m’intéresse. J'aimerais en savoir plus et j’aimerais bien y croire, comme d’autres. Mais comment faire ? ».

Il y a plusieurs moyens.

L’important c’est d’être disponible :

Il est possible d’approfondir par soi-même, simplement en ouvrant une Bible et en commençant par le Nouveau Testament.

Il est possible de venir au culte, à un parcours Alpha ou un catéchisme adultes, ou de se joindre à un groupe de prière.

Il est possible de demander à rencontrer un pasteur.

Il est aussi possible de se dire « Aujourd’hui, je sens que je suis prêt, mais je ne sais pas quelle est l’étape suivante. J’aimerais que Jésus me rencontre et fasse partie de ma vie, j’aimerais connaître cette relation personnelle avec Dieu. Mais je ne sais pas ce qu’il faut faire ni par où commencer ».

Bonne nouvelle : c’est simple ! Vous pouvez en faire l’expérience directement. Cela s’articule autour de trois mots que tous les parents apprennent à leurs enfants : Pardon, Merci, S’il te plaît.

Demander « Pardon », pour vous détourner de tout ce que vous savez être mal dans votre vie ; « Remercier » pour l’amour et le pardon que Dieu vous offre à travers la mort de Jésus ; demander « s’il te plaît » que le Christ entre dans votre vie, et la lui confier.

Cela s’appelle prier et cela peut prendre une forme très simple, quelques mots dits à Dieu dans le silence et le désir de lui donner sa vie. Car Jésus est vraiment ressuscité des morts, il est présent auprès de chacun, il attend que vous lui ouvriez la porte.

Vous pouvez donc lui parler, par exemple avec ces mots :

« Toi qui es Dieu, le Père de Jésus et notre Père, je te demande pardon pour tout ce que j’ai fais de mauvais dans ma vie. Je veux renoncer à tout ce que je sais être mal.

(Prenez quelques instants pour demander pardon, en particulier pour ce qui pèse sur votre conscience).

Merci d’être mort pour moi sur la croix afin de me montrer ton amour et de m’assurer de ton pardon. Je te remets ma vie.

(Prenez quelques instants pour penser à tout ce que la vie vous a donné de bon, et recevoir en vous la certitude que maintenant vous n’êtes plus seul)

Viens, entre dans ma vie par ton Esprit, qu’il soit avec moi aujourd’hui et pour toute ma vie. Toi qui es le chemin : fortifie-moi ; toi qui es la vérité : remplis-moi ; toi qui es la vie : donne-moi ta bénédiction.

Merci, Dieu de Jésus-Christ. Amen ».

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:19

Le Conseil d’Etat a décidé d’interdire les spectacles de Dieudonné. Un protestant peut-il se satisfaire d’une décision bridant la liberté d’expression ? Car pour un protestant, la liberté de conscience et d’expression est historiquement et existentiellement vitale, constitutive de son être, à l’origine et au socle de sa foi. Précisément parce que la foi est la clef de sa relation avec le Très Haut, qu’elle seule lui permet d’accueillir, recevoir et vivre l’amour de Dieu. Or la foi n’est pas possible sans liberté de conscience et d’expression, Luther l’a éprouvé.

Cette liberté de conscience et d’expression peut-elle connaître cependant des limites ? La loi dit oui. Un médecin a-t-il le droit de refuser de soigner un Juif, par ‘motif de conscience’ ? Non. Heureusement. En matière de sexisme, de racisme ou d’antisémitisme, la loi a même créé un texte spécifique dès 1972. Pourquoi ? Parce que la loi pose une vraie question à la liberté d’expression : « A-t-on le droit de nuire sciemment à autrui ? ». La réponse ne peut être qu’être claire : non. Le racisme, le sexisme et l’antisémitisme nuisent-ils à autrui ? La réponse est aussi claire : oui. Claire, puisque tous trois sont par nature une volonté de stigmatiser et de nuire à un groupe humain, uniquement parce qu’il est ce groupe humain. Amalgamer, rire, se moquer, juger, calomnier, faire plus ou moins explicitement un bouc émissaire des femmes parce qu’elles sont des femmes, des Juifs parce qu’ils sont des Juifs, ou des Noirs parce qu’ils sont des Noirs, est facile, efficace et rassembleur, mais c’est leur nuire. Et là, il ne s’agit plus d’opinions, mais d’un désordre social, dont on sait quelles conséquences il peut avoir et il a.

S’étonne-t-on que le harcèlement moral contre un individu soit interdit ? Il en est exactement de même pour un groupe. La loi n’a donc pas tort de l’interdire et le condamner. Il s’agit ici encore d’un conflit difficile entre deux droits légitimes, respect d’autrui et droit d’expression ; entre le droit de rire, même d’un prophète, et l’interdiction de nuire. Mais le chrétien peut-il hésiter entre son droit personnel et l’amour d’autrui ? Le respect d’autrui, fut-il son ennemi, primera toujours sur l’opinion qu’il s’en fait.

Ajoutons pour le protestant que si la vie collective et donc la loi imposent des limites à la liberté d’expression, elles ne limitent pas la liberté de conscience. Ce n’est pas une personne ni une opinion qui a été interdite, c’est le contenu d’un spectacle. Ne pas avoir le droit de nuire ni de rire d’autrui par ses mots, n’empêche pas de penser ce que l’on veut, fut-ce un désordre mental. Les protestants de l’histoire se souviennent bien qu’ils ont souvent su, du Désert à l’Occupation, garder leur foi et rester protestants, même lorsque cette liberté de conscience leur était refusée.

Oui, la loi a le devoir d’interdire ce qui porte directement atteinte à la liberté d’autrui. Il faut de l’interdit pour défendre la liberté et l’existence de chacun. Calvin, après Paul, et semble-t-il après Jésus, le disait déjà.

10/1/14

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:43

Taubira, Roms, extrémistes religieux... Trop de peurs, trop de rejets, trop d'insultes...

Pourtant, Dieu n’a qu’une seule famille. Il aime également chacun de ses enfants les humains, dispersés sur la terre qu’Il leur a donnée.

Il aime la différence de leurs couleurs, de leurs langues, de leurs cultures, de leurs façons de croire en Lui et de le nommer.

Il souffre chaque fois que ses enfants se déchirent, s’insultent, se reprochent leur couleur, leur foi, leur origine ou le nom qu’ils Lui donnent.

Il espère de chacune et de chacun le courage de résister à haute voix face à toute forme de haine.

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