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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 17:04

 

Cet homme a un fils épileptique depuis l'enfance, avec des crises régulières. Et comme, à l'époque, personne ne comprend cette maladie, on pense que l'enfant est possédé d'un esprit méchant.

Et ce jour-là, autour des disciples de Jésus, grand débat – nous en avons eu, nous aussi, des débats au catéchisme autour du personnage de Jésus !

Grand débat pour savoir comment guérir l'enfant. Au départ il y a le souci d'un homme, non pas un souci pour lui-même, mais pour son fils.

Et tous ceux qui sont présents là sont croyants : les compagnons de Jésus, ses disciples bien sûr, mais aussi ce père, qui les a appelés, et les témoins, y compris quelques lettrés, professeurs de théologie.

Tous ont fait confiance aux disciples de Jésus ; les disciples ont tenté eux-mêmes une guérison avec confiance – mais rien. Rien ne s'est produit.

Ils sont pourtant tous croyants. Mais gentiment, comme ça. Et quand Jésus arrive et qu'on lui explique la situation, il se fâche : « Génération sans foi ! Jusqu'à quand devrais-je tout faire pour vous, et croire à votre place ? »

Jésus paraît découragé, lassé. Lassé parce que la foi et la confiance de ces hommes et de ces femmes ne sont pas totales, entières, offertes. Ils croient, oui. Mais de là à faire totalement confiance...

Et le toujours doux et si gentil Jésus, plein d'amour, se fâche bel et bien. Il reproche, en se montre étonnamment sévère et exigeant. Sans doute est-il découragé parce que ceux qui l'entourent ou le rencontrent n'imaginent même pas tout ce que peut la foi. Beaucoup plus qu'ils ne pensent et n'osent croire. Et ce qu'elle peut d'abord, c'est faire du bien autour de soi, là où on sent que c'est nécessaire.

Mais il est vrai que, bien souvent, on se sent si loin de cette foi immense à laquelle Jésus nous invite, cette foi à soulever les montagnes, à chasser les démons et à guérir les plus graves maladies, cette foi à bouleverser le monde...

Et souvent on se sent faible et impuissant, ne serait-ce qu’à convaincre et transmettre autour de soi une foi vivante et joyeuse qui bouleverse les vies...

Quelquefois, à entendre ce qu'en dit Jésus, on s'en demanderait presque si on a vraiment la foi... 

Alors Jésus est un peu découragé. Comme je le suis de temps en temps, année après année, me demandant parfois si les disciples de Jésus bavardaient et rigolaient autant ou jouaient avec leur téléphone, quand Jésus tentait de leur parler des choses de Dieu...

 

Pourtant l'histoire n'est pas finie. Le père de l'enfant épileptique dit à Jésus « Si tu peux faire quelque chose, laisse-toi émouvoir, et agis ! »

Alors Jésus : « Si tu peux ? Mais tout est possible, pour celui qui croit ! » Pas de devenir magicien-guérisseur, bien sûr, mais de faire du bien là où on sent que c'est nécessaire, certainement ! Aussitôt le père a ce cri du cœur : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

Alors Jésus se laisse émouvoir, et, comme bousculé par cet appel, réprimande le mauvais esprit, et l'enfant guérit.

Jésus expliquera plus tard à ses compagnons que des choses comme cela ne sont possibles que par la prière.

 

Oui, la foi et la prière peuvent faire du bien autour de soi, là où on sent que c'est nécessaire.

Et ce qui s'est passé, c'est un peu comme si sa foi à lui, Jésus, était venue compléter celle du père de l'enfant, du père croyant-incrédule. « Je crois, viens au secours de mon manque de foi. »

Et Jésus vient.

Il ne demande que ce premier cri du cœur : « Je crois ! Et viens, toi, compléter ce qui manque à ma foi. » Et Jésus le fait. Il donne ce qui manque, il compense ce qui hésite ou est incertain, Il apporte la part de folie qu'il faut pour Lui faire confiance, et qui nous manque souvent.

Il le fait, pas pour le père incrédule, mais pour l'enfant.

Pas pour que ce père soit plus heureux, ou plus sûr, ou plus fort, mais pour ce que cet homme voulait donner à son enfant et qu'il ne pouvait pas donner.

Donc pas pour Lui, ou pas pour nous, mais pour le bien, autour de nous, que nous voudrions voir s'épanouir.

 

Bien sûr, cet homme, c'est chacun de nous. Nous nous sommes reconnus. Et sans doute pourrions-nous tous dire aujourd'hui : je crois – mais je ne suis pas certain de tout. Eh bien, c'est Dieu, c'est le Christ qui compensera notre manque. Pas forcément pour faire de nous des héros de la foi ou d'autre chose – encore que, qui sait ?

Mais même si nous nous sentons tous un peu les cousins de cet homme-là, je ne suis pas inquiet : notre simple présence ici est comme le cri de cet homme ; et le Dieu du Christ nous donnera ce qui manque. Il viendra en aide à notre peu de foi, ou même à notre grande foi, pour préserver et épanouir ce que chacun a de meilleur, et nous offrir de l'offrir au-delà de nous.

Puisque, nous l'avons compris, comme ce père croyant-incrédule, on ne croit pas d'abord pour soi, mais parce qu'on sent que le monde a besoin de nous, et de notre foi en Dieu. Oui, le monde a besoin de chacun, et de sa foi en Dieu.

Et c'est le Dieu du Christ qui nous donnera ce qui manque.

 

J.P. Morley

Culte des confirmations, 10 juin 2012

 

Lecture : Marc 9 : 14-27

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